Douleurs

Elle pleure. Des larmes chaudes ruissellent le long de ses joues et elle garde les yeux fermés, se mord la lèvre, serre les poings en attendant le prochain coup qui ne tarde pas. Elle entend le bruit aigu de la canne qui fend l’air, le claquement sec du bois fin contre sa peau. La douleur arrive comme un tison qui la brûle. Elle ne veut pas crier. Elle ne se rend pas compte qu’elle l’a déjà fait. Cinq. Cinq et tout ce qu’elle peut penser c’est qu’elle n’en supportera pas plus. Et pourtant. Six. Sept. Huit. Neuf. Dix. Il aime les comptes ronds. Onze… Elle pleure. Elle tape des pieds. Elle gémit, elle crie, elle sanglote, elle supplie. Ses mains restent devant elle, elle n’ose pas se protéger. Elle n’ose rien, elle est sage, elle promet.

Elle pleure. Sa respiration est haletante entre les sanglots. Il lui a mis sa culotte dans la bouche sous prétexte qu’elle faisait trop de bruit. S’il frappait moins fort, elle n’en serait pas là. Elle est penchée sur l’accoudoir du canapé, serrant un coussin humide de ses larmes. La ceinture tombe encore et encore, d’un côté, de l’autre. Il la tend entre chaque coup, se délecte du claquement sévère du cuir sur la peau. Elle garde les jambes tendues, croisées, les doigts de pieds recroquevillés. Elle serre les fesses, sans trop savoir si ça lui fait plus ou moins mal. Il ne compte pas. Il est visuel, aussi. Il couvre ses fesses uniformément, y laisse des marques sombres et douloureuses qu’elle gardera pour quelques jours. Elle serre les dents, elle est sage, elle promet.

Elle pleure. La brosse fait le va-et-vient d’une fesse à l’autre, y laissant sa morsure douloureuse. Ça claque, lourdement, bruyamment. Le bois s’écrase sur ses fesses, chaque coup plus douloureux que le précédent. Il est implacable, impitoyable, il ne lui laisse pas le temps de plaider, de réfléchir, de reprendre haleine. Elle s’agite sur ses genoux, fait de son mieux pour ne pas se dérober, la tête enfoncée dans le tissu du canapé. Elle veut que ça s’arrête, elle veut que ça s’arrête, elle veut que ça s’arrête. Il ne s’arrête pas. Ses jambes s’affolent, elle n’en peut plus. Elle agrippe son pantalon, gémit. Elle sait qu’elle mérite chaque coup. Elle supplie, elle est sage, elle promet.

Elle pleure. Il la tient dans ses bras. Ses mains passent dans ses cheveux, doucement. Il lui dit qu’il l’aime. Il lui dit qu’il la croit. Il lui dit qu’elle fera mieux la prochaine fois. Elle s’accroche, elle s’agrippe à lui. Elle veut qu’il la serre plus fort et qu’il ne la laisse jamais partir. Elle essaye d’endiguer ses larmes sans le moindre effet. Il la laisse pleurer, il lui répète qu’il n’est pas fâché, qu’il n’est plus fâché. Il a confiance en elle, elle fait des efforts, il le sait. Elle hoche la tête, elle le serre. Elle ne veut rien d’autre. Elle l’aime, elle sera sage, elle promet.

Humeurs

Il est de mauvaise humeur. Elle le sait, il lui a dit. À la limite, ça lui va comme ça, elle préfère. Pas qu’il soit de mauvaise humeur, mais qu’il le lui ait dit tout de suite, en rentrant.  Le pire, c’est de ne pas savoir, de dire quelque chose, de faire une petite blague et bim ! La grosse engueu… réprimande. Là, elle sait qu’il vaut mieux qu’elle le laisse tranquille, lui donner de l’espace.

« Je te le dis tout de suite, c’était pas une bonne journée », c’est ce qu’il a dit en passant la porte.

« Et bonsoir, quand même ? »

Il lui a jeté un regard noir. Elle n’a pas insisté. N’empêche, il est bien gentil à insister pour qu’elle soit polie, mais lui quand il est en rogne… C’est bien les hommes, ça… Elle sait bien qu’une fois calmé, il viendra lui faire un bisou, voire deux, voire plus si elle le laisse faire. Mais ce soir, non, elle va lui dire. Elle n’a rien fait, elle. Elle a même été super sage, cette semaine. Elle l’est de plus en plus. Petit à petit, ça lui vient. Elle a moins à y penser. Elle range, elle ne dit plus de gros mots, elle paye les factures à temps, elle a même pris de l’avance dans son travail. Mais lui en ce moment… Il grogne.

Bon, pas contre elle, c’est bien, mais il ne lui dit plus qu’il est fier d’elle ; il ne la félicite pas. Elle sait qu’elle le fait aussi pour elle, et qu’au fond, même s’il ne le dit pas, il est fier de ses progrès, mais elle est un peu perdue, parfois. L’autre soir, il n’a même pas voulu dîner ; il est resté dans son bureau comme un ours dans sa caverne, c’est pas triste, ça ? Non, c’est sûr, ce soir, il lui dit. Elle regarde l’heure. Il a eu le temps de se calmer. Elle tape à la porte entrouverte de son bureau.

« T’es là ?

— Oui, qu’est ce qu’il y a ?

— Bah rien, je me sens un peu seule.

— J’ai du boulot.

— Oui oui, je ne vais pas te déranger longtemps… »

Elle pose la tête contre la porte. Il soupire.

« Je suis désolé, Julie. C’est pas terrible en ce moment.

— C’est pas grave…

— Ce n’est pas toi, tu sais.

— Ah bah oui, je sais.

— Tu fais tout bien en ce moment.

— Ah… Tu as vu ?

— Oui, bien sûr.

— Tu ne me le dis plus.

— Quoi ?

— Que tu es fier de moi.

— Je suis toujours fier de toi…

— Dis donc, toi ? Les mensonges ?

— Presque toujours ?

— Moui…

— C’est la fin de l’année, tu sais bien que c’est toujours un peu tendu.

— Oui, oui…

— C’est bientôt fini.

— Oui, je sais…

— …

— Bon, bah je te laisse travailler, hein…

— Tu ne m’embrasse pas ?

— Bah là, non…

— Ah. D’accord, ça fait plaisir…

— Ben comme ça tu auras peut-être envie de venir me voir, quoi…

— Julie…

— C’est pas grave, je te dis. »

Elle repart. Elle est encore plus triste, au final. Elle l’entend qui tapote sur son ordinateur. Bon, comme il veut. Elle prend le livre qu’elle essaye de terminer depuis un mois. Il lui reste une cinquantaine de pages mais elle ne trouve jamais le temps. Ou l’envie. Ou les deux. Elle pense à lui. Elle se tâte à faire une grosse bêtise. Au moins là… Pfff, non, c’est vraiment une attitude de gamine, ça. Elle n’est pas désespérée non plus. C’est lui qui va venir en s’excusant de l’avoir négligée, oh. Ce coup-ci, le gamin, c’est lui. Et en même temps, elle a envie d’une fessée. Le problème, quand elle est sage, c’est qu’elle est en manque, après. Elle relit la même page une cinquième fois. Elle voit les mots mais elle pense à autre chose. Elle entend la porte du bureau. Elle se redresse et prend un air concentré, tout à sa lecture. Il s’assoit à côté d’elle.

« Julie ?

— Mmmmh ?

— Je peux te déranger deux minutes ?

— Je lis, là.

— Ne me fais pas ça… C’est déjà compliqué…

— Et pour moi, c’est pas compliqué ? C’est agréable de marcher sur des oeufs en permanence, tu crois ?… »

Elle a l’air plus triste qu’en colère. Il ne dit rien, penaud. Elle lui caresse la joue, doucement.

« Je sais que tu es stressé, mais là c’est moi qui prends. C’est pas juste.

— Je sais, Julie, je sais bien.

— Et ?

— Je suis désolé.

— D’accord. Merci…

— Et…

— Oui ?

— Je me suis dit que de prendre un peu l’air, ça nous ferait du bien.

— Il est pas un peu tard, là ?

— Je veux dire le weekend prochain.

— Le weekend prochain ?

— Rome, ça te dit ?…

— Euh…

— Dis oui, j’ai pris les billets…

— À une condition…

— Oui ?

— Sage ou pas, tu me promets que tu m’en mettra une, là-bas…»

Listes

Ça ne devrait pas être compliqué, et pourtant… Elle regarde la liste et soupire. C’était son idée, à la base, en plus. Au moins, avec une liste de choses à faire, elle n’en oublierait pas, et elle pourrait cocher au fur et à mesure. Pour lui aussi c’est simple, en rentrant, il peut regarder la liste, constater que tout a été fait, et lui faire des bisous. En principe, c’est simple. En pratique…

Ce n’est pas qu’elle veut pas, hein. Elle a encore des bleus sur les fesses qui la font gémir doucement à chaque fois qu’elle s’assoit. Avoir moins l’occasion d’être punie, ça lui va très bien. Mais de voir la liste, ça la déprime. Elle a mieux à faire de son samedi. C’est peut-être le côté artificiel de la chose. Il n’y a pas vraiment de mérite à suivre bêtement les instructions, si ? C’est plus un test de sa patience qu’autre chose. Cela dit, la patience est une vertu. Ou mère de vertu. Bref, la patience, c’est une bonne chose. Elle pose la dernière casserole sur le séchoir et regarde la liste. La cuisine, c’est fait. Elle soupire.

Elle regarde ce qui lui reste. La chambre, le salon. Re-soupir. Sans y penser, elle passe la main sur ses fesses endolories. Bon, le salon. Il abuse, il n’y a quasiment rien qui traine. Ça vit, une maison, ce n’est pas fait pour être stérile, ce n’est pas un showroom IKEA non plus… Heureusement qu’ils n’ont pas encore d’enfants, tiens… Elle l’imagine bien insister pour que tous les jouets soient rangés dès qu’ils auraient fini de jouer avec. Elle lui donnerait deux jours avant de craquer et de voir le bazar permanent s’installer. Elle a gardé des gamines quand elle était ado, elle sait ce que ça donne.

Elle se demande comment ils feraient avec des enfants à la maison. La fessée rapide sur le canapé, ce serait plus compliqué, tout de suite. Le côté instantané, improvisé, ce ne serait pas vraiment possible. Il faudrait se créer des moments, définir d’autres règles. Peut-être le soir, quand ils seraient couchés ? Ou bien un bilan de la semaine le weekend ? Peut-être qu’elle aurait un carnet pour noter ses bêtises. Elle l’a lu sur des blogs, mais elle n’en a jamais eu besoin. Quand elle déraille, il la remet tout de suite sur le droit chemin. Enfin, sur les rails, du coup ? Elle mélange un peu ses métaphores. Elle coche le salon. Bon, il reste la chambre.

Elle se demande parfois comment font les autres. Elle n’a pas vraiment de copines du “milieu”, elle, sa vie de couple et sa sexualité, c’est en privé que ça se passe. Mais elle aime bien lire les aventures, les émotions des autres. Elle s’y retrouve, elle s’imagine dans toute sortes de situations. Elle s’allonge sur le lit. Elle pense à lui. Ses mains, son parfum, ses beaux yeux verts. Elle pense à ces récits qu’elle a lu. Il va bientôt rentrer. Il pourra s’occuper d’elle. Qu’elle ait fini ou pas, d’ailleurs… Elle ferme les yeux. Elle va devoir faire une autre liste, de tout ce que lui va devoir faire. Il va en avoir pour un moment ; elle vérifiera.

Demain

Il rentre demain et elle a déjà la boule au ventre. Elle a toujours du mal à rester sage quand il n’est pas là. Elle aime le cadre, et qu’on le lui rappelle, c’est comme ça. Ce coup-ci, en plus, sa conférence était à perpette, et avec le décalage horaire, ça ne collait pas du tout. Alors elle n’a pas trop fait attention. Elle a zappé des choses, elle a trainé, il y a de la vaisselle plein l’évier, des trucs mal rangés partout, des dossiers en retard. Elle était en vacances, en fait. Dans sa tête, au moins. C’est bien, la vie de couple, mais parfois c’est bien aussi de pouvoir souffler. Elle aime ces moments-là et, au final, elle est encore plus contente de le retrouver à son retour.

Sauf que là, elle va le sentir passer, demain. Est-ce que ça vaut le coup de faire un grand nettoyage ? De toute façon, de ce qu’elle lui a déjà dit, elle va se retrouver sur ses genoux. C’est pas dur, quand il fallait répondre non, elle a dit oui, et quand il fallait répondre oui, elle a dit non. Non, elle n’a pas fini de travailler, non, elle n’a pas pris rendez-vous chez le véto, oui, elle a oublié de sortir la poubelle jeudi, oui, elle a fait plein de bisous au facteur, etc. Bon, arrivé là, elle pouvait aussi bien le charrier un peu. Il a de l’humour, heureusement. Mais il est fâché. Alors un peu plus, ça ne va pas changer grand-chose, et puis comme ça elle peut profiter de sa journée.

Enfin elle dit ça, mais elle n’arrive pas à s’empêcher d’y penser. Elle n’a pas ses petits messages qui la rassurent, elle ne peut pas lui dire qu’il lui manque. Ça l’attendrit toujours. Il n’a même pas voulu dire à quelle heure il arrivait. C’est vache. Il va passer la porte, et zou, sur les genoux…

Machinalement, elle remet les coussin  en place sur le canapé, enlève les magazines de sur la table basse. Elle voit la vaisselle qui lui fait de l’œil depuis la cuisine. Il ne faut pas pousser… Mais au moins si c’est rangé, il fera moins la gueule… la tête. Pfff, même quand il n’est pas là, elle se reprend. Bon. Elle va se mettre un film, un truc qui la fera rire. Faut bien qu’elle en profite. Elle s’assoit. C’est sûrement là qu’il va la punir. Ils préfèrent tous les deux. Et vu qu’il va faire durer… Ou peut-être qu’il la fera se pencher au-dessus de la table basse. Il lui dira de la toucher du bout des doigts… Elle a l’impression que ça fait encore plus mal. Mais bon, si c’est rangé, il n’ira pas jusque-là. Pas de ceinture, de spatule… Il se contentera de la main. Ce serait bien, ça.

Oui mais la flemme. Elle parcourt les comédies romantiques sur Netflix. Elle pense à lui. Il n’y a rien de bien. Rien qui l’inspire, en tout cas. Elle a envie de ses bras. Elle pourrait peut-être le surprendre. Bon, vu qu’elle ne sait pas quand il rentre… Elle ne va pas rester se languir en nuisette toute la journée non plus, oh. Mais une maison propre, des dessous qu’il aime bien, des bougies dans la chambre… Il ne pourrait pas rester fâché bien longtemps. D’un autre côté, elle sait bien qu’elle la mérite, sa fessée. Elle la veut. Elle veut des conséquences pour ses actes, vacances ou pas.

Elle se lève. Des actes. Il sera fâché pour ses bêtises, mais il sera fier d’elle pour ses efforts. Et au final, c’est tout ce qui compte.

Réflexions

« Ben qu’est ce qu’il y a ? Ça ne va pas ?

— Mmmmh ?

— Je sais pas, tu as l’air tout triste.

— Non non, ça va.

— T’es sûr ?

— Oui oui.

— On m’a toujours dit que quand les gens disent «oui oui», ça veut dire non, en fait.

— Ouais bah là, ça veut dire oui, ok ?

— Bah te fâche pas…

— Je ne suis pas fâché.

— Tu veux pas en parler ?

— Julie !

— D’accord, d’accord. Tout va bien.

— Voilà. »

Elle se tait et attrape un coussin qu’elle prend dans ses bras.

« Si je faisais cette tête tu m’inonderais de questions jusqu’à ce que je te dise.

— N’importe quoi, je ne fais pas ça.

— Ah si, tu fais ça !

— Non…

— Ah si, si, tu es têtu.

— Sûrement pas autant que toi.

— Ah bah quand tu t’y mets…

— Pfff…

— Et tu sais bien que j’aime pas ça, en plus.

— Si t’aimes pas ça, pourquoi tu fais pareil ?

— Parce que ça m’inquiète de te voir comme ça…

— Julie… Ça va, je te dis…

— Je croyais qu’on se disait tout ?…

— Arrête, Ça n’a aucun rapport…

— Aucun rapport ? Il y a quelque chose, et je le vois bien.

— Moui…

— Et tu ne me dis pas quoi…

— Moui…

— Alors que tu me dis tout…

— …

— Donc ?

— C’est rien…

— Je te préviens, si tu me sors que c’est parce que la France a fait match nul, c’est toi qui te prends une fessée !

— Hahaha, n’importe quoi ! »

Il a un petit sourire, c’est déjà ça de pris. Elle se love contre lui, lui passe la main sur le torse, doucement.

« Tu me dis ?

— C’est rien, c’est bête.

— Ah bah si c’est bête, ce n’est pas rien, déjà.

— Tu vas jouer sur les mots ?

— Tu m’as bien formée, hein ?

— Rhooo…

— Je t’écoute, jeune homme !

— Non mais c’est quoi cette voix ?

— Ben… C’est toi quand t’es fâché.

— J’ai l’air constipé quand je suis fâché ?

— Ah bah merci… »

Elle fait la moue.

« Bon, tu me dis ?

— C’est juste que…

— Oui ?

— Tu crois que c’est normal, tout ça ?

— Tout ça quoi ?

— Ben nous, toi et moi…

— Quoi, toi et moi ?

— Notre relation…

— Ah… Ben oui, c’est normal que tu m’aimes à mourir, je suis géniale ! Tu as d’autres questions ?

— Julie… Je suis sérieux…

— Pardon… Qu’est ce qui te tracasse ?

— Tu crois que c’est normal que ça m’excite de te taper dessus ?

— Euh… Normal, j’en sais rien mais on s’en fiche, non ?

— Tu crois ?

— Je ne me plains pas…

— Un peu quand même…

— Oh mais c’est pour la forme, ça… »

Elle lui sourit et caresse son bras d’ours. Elle aime bien, elle trouve ça marrant de tracer des motifs dessus.

« Je ne suis pas une femme battue, hein, j’ai choisi.

— Choisi ?…

— Ce genre de relation ? Ça se fait à deux, non ?

— Oui. Bien sûr.

— Alors pourquoi tu t’inquiètes ?

— Tu crois que je suis un monstre ?

— Pardon ?

— Ben… J’aime la violence. Ça me fait bander de te taper dessus. J’aime voir des marques et des bleus sur tes fesses ; c’est pas normal, ça.

— Normal, normal, on s’en fiche de ce que les autres pensent.

— Je ne sais pas…

— Moi je ne vais pas voir ce qu’ils font au pieu, je fais ce que je veux dans le mien, et ça me va très bien comme ça. Et puis tu n’es pas une brute, tu t’occupes de moi.

— Oui enfin ça…

— Quoi ?

— Je pourrais m’occuper de toi sans te faire mal.

— Et moi, là-dedans ? Si j’ai envie d’être fessée ?

— Bah oui mais…

— Ah mais rien du tout, mon petit monsieur, on est au vingt-et-unième siècle ; mes fesses, j’en fais c’que j’veux.

— Oui m’dame.

— Là, très bien, je préfère ça. »

Elle lui pose un baiser sur les lèvres.

« Moi, tu me rends heureuse. Avec tes baisers autant qu’avec tes grosses paluches.

— Oui ?

— Promis.

— D’accord…

— Et tu sais ce qui me rend heureuse aussi ?

— Quoi ?

— C’est quand tu fais la cuisine. D’ailleurs, c’est ton tour ! »

 

Désordre

« Non mais Julie, c’est vraiment plus possible là.

— Bah quoi ? Je travaille !

— Non mais tu as vu l’état de ton bureau ?

— Oui bah…

— C’est pas croyable…

— Ben je m’y retrouve, moi…

— Vraiment ? Et ça, c’est quoi ?

— Ben… Un Fémina…

— Et ça ?

— Un rappel de facture… Te fâche pas, je m’en suis occupée !

— Mouais… Et ça ?

— Ça ressemble au compte-rendu du mois dernier…

— Et c’est normal que ce soit avec une pub de Picard ?

— Euh…

— Et la pile là ?

— Ah ça, c’est rien…

— C’est rien ?

— Juste des archives, il faut que je les ramène…

— Depuis ?

— Euh… Quelques mois… »

Il ferme les yeux, se pince la racine du nez et laisse échapper un long soupir.

« Au final, pour travailler, là…

— Oui ?

— Tu as besoin de quoi ?

— Ben ce dossier, là…

— Et ?

— Euh…

— C’est tout ?

— Ben… Oui ?

— Mais… Tout le reste ?

— Oh bah tu sais…

— Tu vas me ranger ça.

— Oui oui…

— Aujourd’hui.

— Ah…

— C’est bien compris ?

— T’es sûr ?…

— C’est bien compris, Julie ?

— Oui… J’ai compris… »

A sa grande surprise, le bureau est impeccable quand il y repasse plus tard dans la journée. Pas un papier qui traîne, un unique dossier sur la table près de l’ordinateur, tous les crayons et stylos dans un pot. L’agrafeuse est alignée avec le plan de travail. Elle se tourne vers lui.

« Coucou mon chéri ! Tu vois ? C’est tout propre !

— Ah bah je vois ça ! C’est bien, ma grande.

— Tu es content ?

— Ah bah là, oui, très ! Où sont tous tes trucs ?

— J’en ai mis dans la voiture, pour les ramener demain, et sinon ben… J’ai rangé, quoi.

— D’accord. Tu as trouvé de la place dans les placards ?

— Oui oui…

— Celui-ci ?

— Euh… Oui ? Tu me fais un bisou ? J’ai mérité, non ? »

Il sourit et s’avance vers elle pour l’embrasser. Elle voit son expression changer à mi chemin et il bifurque vers l’armoire qu’il ouvre en grand d’un seul geste. Comme dans un dessin animé, le contenu de l’armoire se déverse sur lui et vient d’écraser à ses pieds. Il se penche et ramasse un prospectus de chez Auchan. Il reste face à l’armoire. A ses épaules tendues, elle voit qu’il est furieux.

« Tu te fiches de moi ? »

Elle n’ose pas répondre et baisse la tête. Il se retourne, vas au bureau et balance le prospectus sur la table.

« Alors ?

— Je…

— Oui ?

— Tu m’avais dit de ranger le bureau…

— Et ?

— Ben y a rien sur le bureau, là… »

Il pointe le tas de paperasse en ruine au pied de l’armoire.

« Et ça, c’est quoi ? Hein ?

— Ben c’est pas sur le bureau…

— Est-ce que c’est rangé ?

— Bah là… non, forcément…

— Tu trouves ça drôle ?

— Non…

— Tu penses que bourrer un armoire de tout ton bazar c’est ranger ?

— Il n’y avait pas la place… »

Il jette un oeil vers l’autre armoire, de l’autre côté de la pièce et secoue la tête d’un air dépité.

« Allonge-toi sur le bureau.

— Non… S’il te plaît…

— Maintenant ! »

 

À quatre pattes, elle ramasse et trie les papiers par terre. Elle n’a qu’un t-shirt sur elle ; il ne l’a pas laissée se rhabiller. Elle sait qu’il l’observe, assis sur la chaise. Il en profite bien. Ses fesses sont brûlantes, elle sent les marques qu’il y a laissé. La piscine lundi avec Sophie et Véro, elle peut oublier. Elle va leur proposer une restau ou quelque chose. Enfin, si elle peut s’asseoir… Pfff… Elle s’y retrouvait très bien, dans son fatras. Bon, ça lui prenait du temps de faire en sorte que les piles ne s’écroulent pas, mais quand même… Tiens, promo sur la Häagen-Dazs, ça lui ferait du bien aux fesses. Ah non, c’était en février… Pfff, il a raison, et ça l’énerve. Puis elle sent bien son regard qui se balade sur ses fesses nues, son entrejambe, ses cuisses… Comment est-ce qu’elle est censée se concentrer ?

Elle termine de trier les papiers. Il est debout, derrière elle. Elle se retourne vers lui.

« Je peux m’habiller ?

— Ah bah je ne sais pas pourquoi, mais tous tes portes-jarretelles et tes bas sont tombés de l’armoire, dans la chambre… Je pense qu’ils n’étaient pas bien rangés… Il va falloir les trier, et tout… Tu m’aides ? »

Compassion

Elle lève les yeux vers lui, pleins d’espoir. Il est fâché, bon, mais ça lui fait toujours quelque chose quand elle prend son air de contrition absolue™. Ça se travaille, attention ; elle a passé du temps devant le miroir. Tout est dans le regard, la petite moue. Il faut en faire juste assez, sans en faire trop, sinon ça ne fait pas sincère. De toute façon, sincère, elle l’est : elle est vraiment désolée qu’il soit fâché.

Il la regarde dans les yeux, les sourcils froncés. Elle se mord un peu la lèvre, baisse les yeux et pousse un adorable petit “désolée”. Il lève les yeux au ciel et soupire.

« Parfois, j’ai l’impression que tu le fais exprès…

— Non…

— Parfois ?

— Non, je t’assure… Sinon je te demanderais juste de me fesser…

— Ben oui, tu vois, ça te plaît.

— Ça ne me plaît pas que tu sois fâché…

— Alors pourquoi est-ce que tu ne fais pas attention ?

— Mais je ne fais pas exprès…

— Non mais justement, je te demande de faire plus attention.

— J’essaye…

— C’est ce que tu me dis, oui.

— Mais c’est vrai ! Je te promets… »

Elle relève les yeux, toute la misère du monde dans son regard. Ses doigts jouent nerveusement avec le tissu de sa robe.

« Qu’est ce que je peux faire pour que tu me pardonnes ?

— Ne pas recommencer.

— Je vais essayer… Tu sais ça…

— J’espère…

— C’est tout, alors ?

— Comment ça ?

— Pour que tu me pardonnes…

— Après ta fessée ?

— Ou peut-être… à la place ?

— Non, Julie.

— Je ferais tout ce que tu voudras…

— Je veux que tu sois sage…

— Tout…

— Non.

— Un costume de soubrette ?

— Mais n’importe quoi, toi…

— Ou d’infirmière, ou d’hôtesse de l’air, ou…

— T’as fini, oui ?

— Pardon…

— Allez, viens.

— Attends… Si je fais la cuisine pendant un mois ? Et les courses ?

— Tu vas mettre de l’arsenic dedans ?

— T’es méchant…

— D’où l’arsenic…

— Pfff… Je veux juste te faire plaisir et toi…

— Si tu veux me faire plaisir, c’est facile, je te l’ai dit : sois sage.

— D’accord… »

Dernière chance, elle sort l’artillerie lourde. Elle va se blottir contre son torse, les mains sur sa poitrine. Elle pose sa tête sur lui. Elle ronronnerait presque. Malgré lui, il passe ses bras autour d’elle. Elle murmure quelque chose d’inaudible.

« Quoi ?

— J’ai pas envie d’être punie.

— Tu sais pourquoi tu l’es.

— Oui, et je regrette…

— Il fallait y penser avant, Julie…

— Je suis bête, c’est tout, je ne réfléchis pas…

— Mais non, tu n’es pas bête, tu le sais bien.

— Je fais de mon mieux… Et tu n’es pas content…

— Mais si, souvent.

— Juste pour cette fois, s’il te plaît…

— De ?

— Pas de fessée… On… On pourrait juste rester sur le canapé, juste se faire un câlin…

— Sans ton costume de soubrette ?

— Arrête… Juste me lover contre toi, te faire des bisous… S’il te plaît…»

Elle se met sur la pointe des pieds pour l’embrasser tendrement. Il passe sa main sur sa nuque, lui caresse les cheveux en l’embrassant encore. Cette fois-ci c’est bon, elle le tient.

« J’aime tellement quand tu es gentil… C’est pour ça que je t’aime.

— Ah, moi qui pensais que c’était parce que tu pouvais facilement me manipuler avec tes petits airs de Calimero…

— Euh… Non… C’est pas du tout ça…

— Tu n’es pas subtile, Julie…

— Bon… Et ça marche, tu crois ?

— Juste pour cette fois… »

Envies

Elle en a envie. Là, maintenant. Elle veut qu’il la prenne. Sur ses genoux, d’abord. Qu’il retrousse sa courte robe d’été d’un geste sec. Pas de blabla, une punition dans les règles. Elle veut le sentir attraper sa culotte, la baisser aux genoux, puis ses mains couvrant ses fesses de claques entrecoupées de caresses. Elle veut sentir son pantalon se tendre sous elle, sous son ventre, alors qu’il la fesse sans merci. Elle veut entendre sa respiration se faire plus haletante, comme la sienne. Elle aime ses bras, ses mains qui peuvent être douces et dures à la fois. Elle aime être sur ses genoux, impotente, soumise. Elle veut qu’il la maintienne en position, qu’il lui prenne le poignet ou le bras, qu’il le lui coince dans le dos pour l’empêcher de protéger ses pauvres fesses. Elle aime savoir qui commande, qui mène la danse. Il lui passerait la main sur l’entrejambe, lui ferait un commentaire sur l’effet qu’il lui fait. Il en est fier, elle le sait. Elle ne peut pas s’empêcher, dès qu’elle est dans ses bras… Alors sur ses genoux…

Elle crierait, elle gémirait, elle le supplierait. Il n’en aurait rien à faire. Des claques bruyantes, des cris, des petits “nons”. Il continuerait. Longtemps. Elle veut du rouge, elle veut que ça marque, qu’elle le sente longtemps. Il la ferait se lever, admirerait son oeuvre. Il aime lui faire voir, devant le miroir, en photo. Un artiste, il est fier. Elle en a toujours le souffle un peu coupé — ce sont mes fesses ? Si rouges ?

Puis il l’allongerait sur le lit, le temps de défaire sa ceinture —la noire, la plus large, celle qui marque— et il la fouetterait jusqu’aux larmes. Elle sait que ça lui plaît, les larmes, même si ça n’arrive pas souvent. Il aime le goût salé quand il l’embrasse après. Elle sait que ça l’excite encore plus. Elle aime ses penchants.

Elle veut ses mains sur son corps, sur sa taille, ses hanches, sur ses seins nus, sa robe sur le sol de la chambre. Elle veut que sa bouche l’explore, elle le veut entre ses cuisses, sur elle, en elle. Elle veut sa peau contre la sienne. Hors de question qu’il garde sa chemise, elle veut pouvoir sentir sa peau, y enfoncer ses ongles. Elle veut sentir son souffle à son oreille, ses muscles qui se tendent, elle veut qu’il la serre, fort, elle veut le faire jouir.

Lui ? Il regarde le match. France-Pérou, puis l’Argentine après, apparemment. “Pas ce soir”, il lui a dit. Pfff…

Au coin

« Je reviens.

— Tu vas où ?

— Tu verras.

— Tu fais vite ?

— Tu verras…

— S’il te plaît… “

Nue, les mains sur la tête, elle attend. Elle n’ose pas bouger : la dernière fois, ça lui a valu une avalanche de coups sur ses fesses déjà endolories. Il l’a mise face au mur, devant une photo de leur mariage. C’est pas très sympa, ça lui rappelle toutes les promesses qu’ils se sont faites. Il va sans doute aller chercher un instrument quelconque… Il aime bien ça, la nouveauté. Elle a eu le droit aux classiques, ceinture, brosses, cuillères et spatules, même des chaussons et des tongs… La télécommande, une fois, quand elle n’arrêtait pas de zapper ; ça, elle n’a vraiment pas aimé. Enfin, c’est pas comme si le reste lui faisait envie… Ah, il y est allé à la règle aussi, en plastique, en bois… Il n’a pas osé le métal (et puis quoi encore !), mais le côté écolière, ça ne lui plaît pas trop. Enfin, les petites jupes, oui… mais de toute façon, les couettes ou les tresses, c’est hors de question, elle l’a prévenu.

Quoi d’autre ? Une raquette de ping-pong (ça va), un paddle en cuir (ça ne va pas), un martinet (bof), une cravache (perdue dans le déménagement, quel dommaaaaage)… Il n’a pas testé la canne encore. Elle n’y tient pas. Les gros paddles en bois, ça lui fait peur. C’est pas trop son style, lui, heureusement. Enfin, il dit ça mais au final… Il aime bien tester, quoi. Elle se demande ce qu’il va bien pouvoir trouver.

Il est long, pfff… Mais qu’est-ce qu’il fiche ? Même dans sa tête, elle ne dit plus “foutre”, ça lui a valu bien trop de passages sur ses genoux, ou même de claques impromptues dans la rue en attendant de régler ça en rentrant. Il est un peu à cheval sur la politesse. Elle trouve ça mignon. Ça la fait un peu suer parfois, aussi. Ah ça, les “purées” et les “mercredis”, elle est rodée. Au moins, quand ils auront des enfants…

Bon. Elle a mal aux bras. Elle voudrait tourner la tête, mais si ça se trouve, il est assis derrière, à attendre la faute… Il n’est pas méchant mais il veut qu’elle obéisse, et parfois, il la teste un peu. Avec la musique, elle ne l’entendrait pas… En même temps, c’est nul, le coin. Ça ne sert à rien. Enfin si, à la faire ch… suer. Elle est sûre qu’il aime ça, savoir que ça l’embête. Elle change d’appui. C’est peut-être ça sa technique ? Lui faire autant mal aux pieds qu’aux fesses ?

Les minutes passent. Elles sont longues. Elle a envie de chantonner. Elle a du Coldplay dans la tête. Fix you. C’est pas très gai. Elle change. Placebo, Pure Morning. C’est mieux. Ils les ont vus en concert, c’était bien cool mais ils ne l’avaient pas jouée. Elle était déçue. Mêmes dans ses pensées, elle zappe. Muse ? Non, pas d’humeur. Keane ? Elle aime bien, mais elle a trop entendu. Sixpence quelque chose… Kiss Me. Elle adore, et puis c’est de circonstance, elle aimerait bien des bisous, là. Elle ne peut pas s’empêcher de chantonner. Forcément, il choisit ce moment pour revenir.

« Ah bah ça va, je vois que ça ne dérange pas trop, le coin, finalement ?

— Pfff… Mais non, c’est pas ça…

— Il faudra que je t’y envoie plus souvent…

— Non non. »

Elle ne s’est pas retournée, elle résiste.

« Tu as trouvé ce que tu cherchais ?

— Tu crois que je cherchais quelque chose ?

— C’était long…

— Boh, une dizaine de minutes…

— Tu plaisantes ? Ça fait dix mille ans que je suis là…

— Ah oui, quand même… Tu veux de la crème anti-ride ?

— Gna gna gna…

— Dis donc, toi ? C’est de l’insolence que j’entends ?

— Ah non ! C’est toi qui te moques… »

Elle l’entend s’approcher. Sa respiration s’accélère un peu, elle attend les claques. Elle ferme les yeux. Il passe ses bras autour d’elle, par derrière, et cale sa tête sur son épaule. Il lui embrasse le cou, tendrement. Elle baisse les bras, hésitante, et pose ses mains sur les siennes croisées. Elle ne dit rien et penche légèrement la tête vers la sienne. Elle est bien. Elle resterait comme ça pendant des heures. Dix mille ans. Rien que pour ces moments-là, le coin, ça vaut le coup.

Une lettre

Paris, le 14 juin

Mon chéri,

Je sais que je ne fais pas toujours tout comme il faut, loin de là. Je peux être impulsive, je peux être casse-pieds, je peux être fatigante, insolente, bordélique, un peu grossière parfois, j’oublie souvent des choses… Je sais que parfois, je te déçois ; parfois, je te fais honte ; parfois, tu es furieux contre moi ; parfois, je te rends juste triste ; parfois, tu dois te demander si je le fais exprès. Quand j’y pense, ça ne doit pas être facile tous les jours de me supporter, même avec mes bisous.

Et pourtant, tu restes, tu me grondes, tu me punis, tu me mets au coin, tu me donne des devoirs, tu me fesses —tu me fesses beaucoup, quand même—, tu me prives de dîner ou de culotte, tu me fais pleurer, tu me fais regretter mes bêtises. Tu t’occupes de moi, au final ; tu en as quelque chose à faire, et tu me rends meilleure de jour en jour. Tu ne te rends pas compte d’à quel point j’en ai besoin, de tout ça, et d’à quel point je t’en suis reconnaissante.

Alors, je voulais juste te remercier d’être là pour moi, de ne pas m’abandonner. Je me plains sans doute beaucoup, mais tu es patient avec moi, sévère quand j’en ai besoin, tendre quand il faut, et un peu des deux au quotidien. À ta place, je serais partie depuis bien longtemps, j’aurai trouvé une petite nana sans histoires qui ne te ferait pas tourner chèvre, qui ferait mieux la cuisine, qui oserait tout au plumard, qui ne laisserait pas traîner ses affaires partout… Le rêve, quoi. Mais toi, tu restes. Tu restes et, quand tu m’as assez punie, tu me prends dans tes bras . Tu me dis que tu m’aimes, tu me dis même que tu es fier de moi.

Merci, mon chéri, merci d’être exactement l’homme dont j’ai besoin, merci de me faire faire des efforts tous les jours. Je veux que tu sois fier de moi, je veux que tu sois content, et je te promets que je ferais toujours de mon mieux, même s’il y aura des accidents et des petits détours sur la route. 

Je t’aime.

Julie

 

p.s. : j’ai fait une bêtise, mais je crois que tu ne m’en voudras pas trop d’avoir un peu explosé le budget lingerie ce mois-ci… Tu verras, c’est de la dentelle, c’est noir, et ça ira très bien avec du rouge vif en dessous…