5 étapes

« Non mais… Tu ne vas pas me fesser pour ça, hein ? C’était pas grand-chose… Hein ? Tu m’as déjà grondée… On peut passer, hein, dis ? »

Déni. Il la penche sur l’accoudoir du canapé, une main dans le dos pour la maintenir. L’autre se lève et lui lâche une claque magistrale en guise d’introduction. Elle crie.

« Mais arrête !! C’était rien, pfff ! C’est toujours pareil avec toi ! Jamais moyen de rien dire… Arrête ! »

Colère. Il continue, plus fort. Paire de jeans ou pas, elle la sent bien, son humeur à lui aussi. Ses fesses chauffent déjà, il n’y va pas de main morte. Elle prend un coussin et essaye de lui lancer à la figure. Grave erreur. Il la foudroie du regard et prend la télécommande qui traînait sur la table basse. Ses yeux s’écarquillent et elle change tout de suite d’attitude. Ça, elle y a eu le droit une fois, par jeu, elle ne tient pas à retenter l’expérience.

« Non, s’il te plait… Je suis désolée… Je serais sage, d’accord ? Je ferais ce que tu veux… S’il te plaît… »

Marchandage. Ça ne l’atteint pas, il empoigne son jean à la ceinture pour le tendre sur ses fesses et la punir de plus belle. Les coups sont secs, bruyants. Elle se cambre et geint à chaque fois qu’ils tombent. La télécommande est lourde, sans compromis. Il la relève, baisse son pantalon et la prend sur ses genoux. Elle garde la tête baissée, le feu aux joues. Il laisse l’instrument sur le côté et reprend à la main. Elle se mordille les lèvres et murmure :

« Je ne sais pas pourquoi je fais toujours n’importe quoi… Pardon… Je suis nulle… »

Dépression. Elle pleure, elle gémit, elle crie. La leçon commence à rentrer. Il prend sa culotte, la baisse lentement. Elle ne proteste pas et lève le bassin pour lui faciliter la tâche. La fessée continue en silence, si ce n’est le bruit sec des claques sur ses fesses cramoisies. Finalement, il s’arrête. Il caresse ses fesses brûlantes, doucement.

« Je… »

Elle ne trouve pas ses mots.

« Oui, Julie ?

— Je suis désolée… Je la méritais… »

Acceptation.

Et moi ?

« Je m’ennuie…

— Vraiment ?

— Oui…

— J’ai presque fini, là, tu veux qu’on sorte après ?

— Peut-être…

— D’accord… Réfléchis quelques minutes, le temps que je finisse.

— Tu fais vite ?

— Oui, oui.

— Vraiment, hein ? Je m’ennuie…

— Ça irait encore plus vite si je pouvais me concentrer.

— Oui oui… »

Elle est assise sur le canapé. Elle prend un Télérama qui traîne —il travaille dans l’Éducation nationale. Elle a déjà lu les articles qui l’intéressent. Il n’y a rien de bien au cinéma. De toute façon, elle suit les recommandations inverses, en général. Elle le regarde travailler.

« Alors ? Fini ?

— Julie… Tu vois bien que non…

— Ben je ne sais pas…

— Ça ne fait même pas 5 minutes.

— Ça fait au moins 7 minutes.

— Ah ouais… Tu t’ennuies à ce point là ?

— Je t’ai dit…

— Il me reste dix copies.

— D’accord… Ça ne peut pas attendre ce soir ?

— Je préfère tout faire d’un coup.

— Tu es sûr ?

— Julie, ça suffit. Laisse-moi travailler et ça ira vite.

— Mais je m’ennuie…

— Oui bah j’ai bien compris, oui.

— Te fâche pas…

— On dirait une gamine là… “On est bientôt arrivééééé ?”

— Pffff… N’importe quoi…

— Tu me laisses travailler ?

— Oui…

— Merci bien.

Elle soupire doucement, la joue posée contre sa main. Elle regarde son téléphone. Pas de messages, rien de neuf sur facebook, le néant.

« Si je faisais des bêtises, tu t’occuperais de moi… »

Il soupire à son tour.

« T’abuses ; à t’écouter c’est comme si je t’abandonnais.

— Ben oui hein.

— Julie…

— Moui ?

— J’ai du travail.

— Ben je sais…

— Pas de bêtises.

— Ben non, t’as vu, je suis sage !

— On va dire ça.

— Ça veut dire quoi, ça ?

— Que tu ne me laisses pas travailler.

— Mais si…

— C’est ça, ton plan ?

— Mon plan ?

— M’empêcher de travailler jusqu’à ce que je me fâche ? Pour que je m’occupe de toi ?

— Mais non, enfin ! Pas du tout… Moi je suis sage comme une image… »

Il hausse un sourcil et retourne à son travail sans rien ajouter. Elle se lève et vient passer ses bras autour de lui, tendrement.

« J’aime bien te regarder travailler…

— Ah ? Du charme maintenant ?

— Ça marche ?

— Non.

— Pfff… Tu m’aimes plus ?

— Julie, s’il te plaît… »

Elle lui fait un bisou dans le cou et retourne s’asseoir sur le canapé. Elle boude. Il fait mine de ne rien voir. Au moins pendant ce temps-là, il est tranquille. Une copie de plus sur la pile des corrections. Elle se lève et quitte le salon. Son crayon court sur la copie suivante. Elle revient en petite nuisette et s’appuie doucement sur la table, devant lui, la bouche en cul de poule. Il lève les yeux, rougit un peu.

« Non mais Julie…

— Allez… Tu auras le temps plus tard !

— Il faut vraiment que ce soit fini pour demain…

— Après je ne t’embête plus, promis…

— Je t’ai dit non.

— T’es sérieux là ?

— J’ai l’air de plaisanter ?

— Mais…

— Réfléchis… Si je te punis, je te donne ce que tu veux, alors que si je termine mes corrections…

— T’es vraiment pas drôle.

— Va dans la chambre, prends un livre, je ne sais pas. Je fais vite et j’arrive;

— Alors là, tu rêves… J’ai plus envie de rien, je vais me changer.

— Comme tu veux.

Furieuse, elle repart dans la chambre sans un mot. Du silence, enfin. Les copies défilent une à une, et il n’en reste bientôt qu’une. Il la parcourt rapidement, relève quelques fautes mineures. Enfin terminé. Il range les copies et se lève pour aller voir ce qu’elle a pu imaginer comme bêtise pendant ce temps-là.

Il la trouve endormie sur le lit, portant toujours sa nuisette. Elle est tellement calme quand elle dort… Il pose un baiser sur son front et la laisse.

Elle se réveille vers 19h, vient le voir.

« T’as fini ?

— Ah bah oui, là c’est bon. Un peu tard pour sortir.

— Ah bah de toute façon je ne peux pas.

— Comment ça ?

— Ah bah j’ai plein de boulot pour demain, moi !

— Hein ?

— J’ai des dossiers à terminer, je suis à la bourre. »

Elle éclate de rire.

« J’avais la flemme… »

Il rit beaucoup moins et prend une spatule dans un des pots de la cuisine.

Les fesses brûlantes, le ventre vide, elle regarde l’heure. 23h. Il lui reste encore un dossier à compléter et il lui avait donné jusqu’à cette heure-là. Elle l’entend arriver. Résignée, elle se lève, se penche sur le bureau et relève sa nuisette. La spatule, elle n’aime pas. Mais au moins, il s’occupe d’elle.

Petite robe

« Julie, il faut vraiment qu’on y aille, là.

— Oui oui, deux secondes…

— Mais ça fait une demi-heure que je t’attends.

— Attends, j’ai presque fini.

— Je ne fais que ça, attendre…

— T’en fais pas, on sera pile.

— Ah non, à cette heure-ci ça va être galère…

— Mais non, ça va passer crème, tu vas voir…

— C’est bon ?

— T’en penses quoi ?

— Oui, c’est joli.

— Ah ouais…

— Quoi ?

— C’est tout ?

— Julie, ne commence pas…

— Non mais si t’aimes pas…

— Mais si ! Je t’ai dit que c’était joli.

— Oui, ‘fin, avec ce ton…

— Mais n’importe quoi… Allez viens, on y va. Tu prends le gâteau ?

— Non mais attends, vu que t’aimes pas je vais me changer, hein.

— Mais non ! »

Elle hausse un sourcil et repart dans la chambre sans rien dire.

« Julie, reviens ici tout de suite ! »

Elle claque la porte. Il roule des yeux et soupire. Il pose la bouteille qu’il tenait à la main sur le meuble de l’entrée et va à la porte de la chambre. Il frappe, doucement, et ouvre. La robe est par terre. Elle est en train de finir d’enfiler un vieux jean. Elle attrape une polaire qu’elle avait jeté sur le lit et l’enfile par-dessus le t-shirt qu’elle portait déjà aujourd’hui.

« Tu ne crois pas que tu abuses, là ?

— Quoi ?

— Ben on sort, quand même…

— Et ? On va chez Sophie et Alain, hein, pas chez Maxim’s.

— Mais elle était très bien ta robe.

— Non, j’ai l’air énorme dedans.

— Tu t’entends ? C’est quoi ce cliché à deux balles ?

— On y va ? Parce que là, on n’est pas en avance…

— Julie…

— Quoi ?

— Fais un effort, s’il te plaît.

— Ça veut dire que je m’habille comme un sac d’habitude ?

— Mais non…

— Non mais si môsieur a un sens du style si développé…

— Ça suffit, Julie… »

Elle fait un geste dédaigneux de la main et s’avance vers la porte. Il l’attrape par le poignet. Elle essaye de se dégager. Il la regarde dans les yeux. Elle lui retourne son regard.

« Change-toi.

— Non, c’est bon.

— Je ne te demande pas, je te dis.

— T’es chiant.

— Pardon ?

— Non mais c’est vrai, quoi…

— Un, tu surveilles ton langage ; deux, je t’ai dit qu’elle était bien ta robe, alors arrête !

— Ben t’avais tort, voilà.

— Bon… »

Il la tire vers lui et empoigne son jean. Il défait le bouton d’un geste sec, ouvre la fermeture éclair, et baisse le jean à mi-cuisses. Sans attendre, ni écouter ses protestations, il la coince sous son bras et lâche une volée de claques sur sa culotte. Elle se débat. Il la tient fermement et tire la culotte vers le haut, découvrant ses fesses encore relativement blanches.

« Arrête ! »

Il frappe de plus belle. Ses fesses, le haut de ses cuisses. Des claques rapides, impatientes. Le blanc devient vite rose sous ses attentions. Elle cède.

« Arrête… Arrête… Je vais me changer… »

Une dernière grosse claque en point final.

« Tu te dépêches…

— C’est toi qui perds du temps, là…

— Fichu pour fichu… Tu en veux encore ?

— Non, non… »

Il la laisse aller se changer. Une autre petite robe, la bleue qu’il aime bien.

« Tu n’auras pas besoin de ta culotte

— Tu abuses…

— Oui. »

Il sourit. Elle se penche pour l’enlever.

« Je ne l’aime pas, elle heurte mon sens du style, tu comprends…

— Pffff…

— Prête ?

— Ben…

— Quoi ?

— Cinq minutes, hein, il faut que je me remaquille, maintenant ! »

Aïe

« Oh pu—

— Julie !

— …rée…

— Mieux… Fais attention, je te l’ai déjà dit.

— Oui, ben je me suis fait mal, tu t’en fous ?

— Non, je ne m’en fiche pas… Ça va ?

— Oui…

— Qu’est ce que tu t’es fait ?

— Je me suis cognée le pied.

— D’accord…

— Quoi ?

— Je ne sais pas, tu as l’air fâchée.

— Ben oui !

— Ah…

— Je me suis fait mal et toi tu ne penses qu’à me punir…

— Rhooo, mais non…

— Ah si, si…

— Non, je te dis…

— De toute façon t’aimes ça, que j’aie mal, non ?

— Non…

— Ah oui ? Tu aimes juste quand c’est toi qui me fais mal ?

— Euh… C’est pas ça…

— Bah ? C’est un peu ça, non ?

— Mais non… Moi j’aime quand tu t’améliores, quand tu fais de ton mieux… Si je te punis, c’est juste pour que tu sois meilleure.

— Oui, oui, c’est pour mon bien…

— Ben qu’est ce que t’as, là ?

— Rien, rien.

—Ah oui, ce genre de rien…

— Pffff…

— Ah bah pffff, oui… »

Elle fait la moue et regarde son téléphone. Il n’en rajoute pas. Il termine de lire l’article qu’il parcourait. Décidément, ça ne s’améliore pas, Trump. Ces amerloques, quand même… Il la regarde. Elle tire la tête, et elle le fait bien savoir. Il n’y a que son pouce qui bouge —tap, tap, tap, ça défile. Elle a les sourcils froncés, toujours une moue à la bouche.

« Mais ça va, ton pied, quand même ?

— Moui…

— Mais, dis-moi…

— Oui ?

— La douleur… Tu aimes bien, non ?

— Ah ouais, ça m’excite carrément de me cogner le pied. Je vais devoir aller changer de culotte là…

— Arrête…

— Ah mais non, mais je te dis. Tu devrais te méfier ; le pied de la table, là, il me fait de l’effet…

— Julie…

— Et puis le buffet, oh là là…

— Julie !

— … »

Elle retourne à son téléphone. Il se lève et va s’asseoir à son côté, sur le canapé.

« Julie… »

Elle ne le regarde pas —tap, tap, tap.

« Fais pas la tête… »

Tap, tap, une pause, « j’aime », tap, tap. Il lui pose un léger baiser sur l’épaule.

« Ah, j’ai quand même droit à un bisou ?

— Oh bah arrêtes, tu fais comme si j’étais tout le temps à te gronder.

— Non mais… Un peu, hein…

— Oh ? Tu penses vraiment ça ?

— Ben moi j’aime bien aussi quand tu me fesses juste comme ça…

— Pour le plaisir, tu veux dire ?

— Ben oui… »

Il lui caresse les cheveux, doucement.

« Tu crois que je fais ça mieux que le buffet ?

— Ah bah je ne sais pas, hein… Ça fait longtemps… »

Elle pose sa tête sur son épaule. Elle adore son parfum. Elle ferme les yeux.

« Tu veux ?… »

Elle ne répond rien et s’allonge sur ses genoux, les fesses légèrement relevées, comme une invitation.

« ‘Chais pas… Essaye, pour voir ? »

Il lui caresse les fesses, les jambes.

« ‘Pepep, on ne profite pas !”

Il lui claque les fesses, doucement.

« Bon ben je vais appeler le buffet, hein… »

La claque suivant la fait bondir un peu.

« Ah, c’est mieux, ça…

— Oui ? Comme ça ? »

Une autre, puis une autre, il enchaîne, un peu plus fort, un peu plus vite. Elle sourit et se mord légèrement la lèvre.

« C’est mieux… »

Il continue sur sa lancée, alternant fessées et caresses, des volées rapides et des claques plus appuyée. La jupe est relevée. Il continue. Le rose devient plus rouge. La culotte se retrouve à ses chevilles. Il l’entend gémir doucement, sa respiration est plus haletante, plus forte. Elle tourne la tête et lui jette un regard qui en dit long. Elle en veux encore. Elle écarte légèrement les jambes, lève ses fesses pour mieux se les faire rougir. Elle serre le coussin du canapé plus fort. Il continue, le sourire aux lèvres.

Elle regarde le plafond. Il est bien plus tard. Ils sont nus, sur le lit. Elle sourit. Elle a mal aux fesses, et elle ne peut pas s’arrêter de sourire. Elle ne le voit pas. Elle l’entend respirer près d’elle. Elle aime son parfum. Ses mains. Ses yeux. Elle aime tout chez lui, elle aime ce qu’il lui fait. Elle aime qu’il en ait quelque chose à ficher d’elle, de son comportement, de ses bêtises. Elle aime qu’il soit fier d’elle.

Elle soupire de plaisir et se lève pour aller aux toilettes.

Le pied du lit. Un amant de plus.

« Ah fait ch… »

Téléphone

« Tenez Julie, c’est pour vous.

— Ah ? Merci… Oui allô ?

— Julie ? C’est moi.

— Ah bah, pourquoi tu m’appelles au boulot ? Ça va ?

— Plus ou moins, oui.

— Ben qu’est ce qu’il y a ?

— Non, je t’appelle parce que je suis repassé à la maison là.

— Oui ? Et ?

— Et on a reçu un colis, apparemment.

— Ah oui ?…

— Oui. Il y a quelque chose que tu veux me dire ?

— Bah, euh… C’est peut-être pour mon anniversaire ?

— Ton anniversaire dans cinq mois, tu veux dire ?

— Très très en avance ?

— Tu as encore commandé un sac à main.

— Mais…

— Tu sais bien qu’on est juste, ce mois-ci…

— Oui mais…

— Mais quoi ?

— Ben… Il est vraiment, vraiment beau, tu sais ?

— Ah bah ça, au prix que ça coûte…

— Ah, tu as ouvert ?…

— J’ai ouvert, oui. Je ne suis pas fan, d’ailleurs…

— Rabat-joie…

— Et tu pensais me le cacher comment, dis-moi ?

— …

— Julie ?

— Oui, oui, je suis là… Je ne pensais pas que tu repasserais aujourd’hui…

— Eh bah au moins je sais que tu ne me trompes pas, tu te serais fait gauler depuis longtemps…

— C’est pas drôle…

— Ah si, si, c’est drôle. Par contre, ce qui va se passer ce soir quand tu rentreras, ça va l’être beaucoup moins, pour le coup…

— Mais…

— Oui ?

— C’est pas gentil, ce que tu fais…

— Je te l’ai déjà dit, ce n’est pas fait pour être gentil…

— Mais non mais de m’appeler, comme ça… Je vais y penser toute la journée…

— Tant mieux ! Tu vas peut-être te tenir…

— Mais je suis sage…

— Ah bah j’étais plutôt content cette semaine, oui… Voire ce mois-ci….

— Alors… Tu vas être gentil et ne pas trop me gronder ?

— Julie… Tu vas rentrer ce soir, tu vas aller te mettre en pyjama et je t’attendrai dans le salon.

— Mais…

— Ne discute pas…

— Si je raccroche, là, je me fais gronder ?

— N’y pense même p— »

*clic*

Fichue pour fichue… Elle a le feu aux joues. Elle regarde l’écran de son ordinateur, mais impossible de se concentrer. Il va être furax… C’était pas très malin de lui raccrocher au nez… En même temps, il abuse, aussi… Il sait que ça va la stresser. Il adore ça, en fait. Bon, elle aussi… Mais zut, quoi ! Bon, d’ici à ce soir il sera un peu calmé… Mais il aura eu tout le temps de se préparer… Oh là là…

Elle y passe toute l’après-midi, les choses se bousculent dans sa tête. Elle appréhende. Elle a hâte. Il l’énerve. Il a raison. Elle veut son sac. Elle n’avait vraiment pas besoin d’un nouveau sac. Mais si. Puis il est beau. Qu’est ce qu’elle va prendre… Mais il va être tendre après… Elle a beau essayer, elle n’arrive pas à travailler. L’heure arrive.

Le trajet lui semble long. Elle a l’impression que ses fesses chauffent déjà sur le siège de la voiture. La sienne est garée devant la maison quand elle arrive. Elle sort de sa voiture, va jusqu’à la porte, respire un grand coup, et entre.

« Je suis là ! »

Il ne répond pas. La boule au ventre, direct. Elle se déchausse et file dans la chambre se mettre en pyjama, comme il lui a dit. Ce n’est pas le moment de faire la maline, apparemment. Elle se mord la lèvre en enfilant son bas de pyjama. Bon, sa culotte n’est pas trop mal, au moins, il va peut-être la lui laisser. Elle aime bien se raconter des histoires, ça la rassure, même si elle sait bien ce qui l’attend. À petits pas, elle revient dans le salon et vient se planter devant lui, les mains jointes sur le ventre, le regard hésitant.

« Tu ne m’as pas entendu ?…

— Si.

— Ah… »

Il ne dit rien de plus.

« Tu es fâché ? »

Il soupire.

« Oui Julie, je suis fâché.

— Je suis désolée d’avoir raccroché… Pardon…

— Et ?

— Je suis désolé d’avoir encore acheté un sac…

— Et ?

— Euh… C’est tout, non ? J’ai été sage…

— Tu m’as menti.

— Par omission…

— Ça reste un mensonge !

— Mais non… J’ai juste pas tout dit…

— Julie…

— D’accord…

Elle ouvre la bouche pour ajouter quelque chose, mais son regard l’en dissuade. Résignée, elle se met en travers de ses genoux sur le canapé, les jambes légèrement repliées. Elle empoigne un coussin. La punition est dure, il n’attend pas pour lui baisser le pantalon, puis la culotte ; mignonne ou pas, elle se retrouve aux genoux. Elle pensait que ses fesses chauffaient dans la voiture, elle avait tort. Des belles claques à pleine main, lourdes, régulières. Une fesse, l’autre. Il commence à bien avoir l’habitude, ça se sent. Il ne la laisse pas respirer. Elle ferme les yeux, le visage enfoui dans le coussin.

Enfin, il s’arrête. Elle prend une grande respiration.

« Je suis désolée… Tu me pardonnes ?

— J’ai pas fini.

— Quoi ?

— Lève-toi. »

Elle hésite un moment, suffisamment pour gagner une claque de plus.

« Debout, Julie, hop ! »

Elle obéit, se frotte les fesses discrètement. Elle entend le bruit, le déclic de la ceinture. Elle se tourne vers lui.

« Non… Non, s’il te plaît… J’ai été sage…

— Ce n’est pas la première fois que tu me fais le coup…

— Si ! La dernière fois je m’étais trompée…

— Et la fois d’avant ?

— Il me les fallait pour le mariage de ta cousine…

— Elles n’étaient même pas à ta taille, les blanches…

— Non mais elles étaient jolies…

— Mets-toi à genoux sur le canapé.

— Non.

— Pardon ?

— Je ne suis pas une chienne, pas à genoux.

— Mais non, rhooo, là, comme ça, face au dossier.

— Tu expliques mal, voilà.

— Bon, tu as fini oui ?

— Oui… »

Elle se met en position pendant qu’il finit d’enlever sa ceinture. Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. La non plus, il n’y va pas de main morte. Six. Sept. Huit. Neuf. Dix. Elle sert les dents pour le pas crier. Onze. Douze. Treize. Quatorze. Quinze. Il arrête.

« Plus de mensonges ? »

Elle ouvre la bouche. Sa respiration est haletante. Elle hoche la tête.

« Non… Promis…

— Plus de dépenses inutiles ?

— Mais c’est pas—

— Juliiiie !

— Non…

— D’accord… J’ai encore quelque chose pour toi.

— Non, s’il te plaît… J’en peux plus, s’il te plaît…

— Vas au coin, les mains sur la tête, je reviens. »

Avec un soupir malheureux, elle obéit. Il revient quelques minutes plus tard.

« Viens. »

Elle baisse les bras et revient se mettre face à lui. Il a un colis dans les mains.

« Non… Je te promets… Non…

— Ouvre, on verra bien…

— Mais…

— Ouvre. »

les larmes aux yeux, elle se bat un peu avec l’emballage, et finit par l’ouvrir. Elle pleure. C’est le portefeuille qui va avec son sac.

« Ça ne te plaît pas ?

— Je te jure, je ne sais pas ce qui s’est passé, j’ai pas commandé les deux… Je suis désolée… Je…

— Mais non, bébête… Tu n’es pas aussi maline que tu le crois, j’ai bien vu la commande sur le relevé de banque.

— Hein ?

— Vu que tu avais été relativement sage… Je me suis dit que tant qu’à te faire punir, tu pouvais bien avoir les deux. Ne t’imagine pas que ça marchera deux fois.

— Mais… Tu… Tu m’as menti…

— Par omission ! »

Facture

«Juliiiiie ?

— Quoooooooi ?

— Viens par ici.

— Pourquoooooi ?

— Viens ici.

— C’est urgent ?

— Viens !

— Bon… Oui, quoi ?

— C’est quoi, ça ?

— Ben une enveloppe ? Mystère résolu ! Tu m’excuses, mais j’ai mon livre là et…

— Et dans l’enveloppe, il y a quoi ?

— C’est toi qui l’as, hein… »

Il soupire et retire les papiers de la fameuse enveloppe. Il les lui les tend.

« Ah… Ça…

— Oui, je t’écoute ?

— Ben tu sais, je t’avais dit…

— Tu m’avais dit ? Mais encore ?

— Ben… Lafacturedugazenretarddumoisdernier

— Pardon?

— C’est le gaz…

— Quoi le gaz ?

— La régularisation… Tu sais ?

— Encore ? C’est réglé depuis longtemps ça…

— Non… »

Elle baisse la tête, se mord nerveusement la lèvre. Elle n’ose pas le regarder, il est furieux et elle le sait.

« J’ai complètement zappé…

— Tu as zappé.

— Bah… Oui…

— Donc quand je te l’ai rappelé la dernière fois et que tu m’as dit « oui oui c’est bon »…

— Mais je voulais vraiment le faire… C’est juste que…

— Que quoi ?

— Ben j’ai été distraite…

— Julie, c’était déjà un rappel !

— Je sais… Pardon…

— Pardon, ça ne paie pas les factures…

— Non mais… euh… Les fessées non plus ?

— Bien essayé…

Il n’a pas besoin d’en dire plus ; tête baissée, elle remonte jusqu’à la chambre pour en redescendre sans son jean, sa brosse à cheveux à la main. Elle la lui tend avec un regard suppliant. La brosse, elle déteste ça, surtout celle-là, d’ailleurs. Le bois, comme ça, la rigidité, ça lui met les fesses en feu dès le premier coup. Et ça marque, de beaux bleus qui lui durent quelques jours. Mais ce n’est pas la première fois, et elle se penche sur le dossier du canapé sans broncher. Il pose la facture sur un coussin devant son nez.

« Lis-moi ce qu’il y a marqué.

— Tout ?

— Commence là.

— Rappel… »

*CLAC!* Il commence déjà.

« Régularisation annuelle… »

*CLAC!*  *CLAC!*  Il continue, ponctuant chaque mot d’un coup sec de la lourde brosse. Elle sent les larmes qui monte, et sa vision se brouille un peu.

« Je dois vraiment tout lire ?

— Lis-moi le chiffre en gras à la fin.

— Mais c’est un nombre…

— Quoi ?

— Ben… Les chiffres c’est juste de zéro à neuf et…

Une volée de coup l’interrompt.

« Lis *CLAC!* moi *CLAC!*  le *CLAC!*  nombre *CLAC!* à *CLAC!*  la *CLAC!* fin ! »

Elle hurle, « Aïe ! Aaaaaïe ! Pardon ! Pardoooon ! Trois cent aaaïe quatre-vingt-treeeizaaaaïe !

— Ah, bah voilà, c’est mieux !

— Tu ne vas pas faire ça, hein ?

— Ah si.

— Non non, c’est beaucoup trop, je ne suis pas maso à ce point-là !

— Tu comptes.

— Non… J’aime pas… S’il te plaît…

— C’est pas fait pour te faire plaisir !

— Mais je suis nulle pour ça… S’il te plaît…

— C’est comme pour les factures, tu vas apprendre…

— Juste les chiffres ? C’est bien, déjà, non ?

Il lève les yeux au ciel et ne répond pas. Il pose la brosse à plat contre ses fesses déjà rougies. Elle frissonne et ferme les yeux. Les dix premiers coups ne se font pas attendre ; elle les énumère un à un. Une pause. Dix de plus, tous du même coté. Elle serre les dents. Dix autres, il aime la symmétrie.

« Trente !

— Ça commence à rentrer ?

— Je ne sais pas exactement de quoi tu parles mais oui, oui, promis, c’est rentré…

— Elle part aujourd’hui, la facture.

— Oui… Promis… »

Elle s’essuie le coin des yeux du plat de la main.

« J’essaye, tu sais…

— Vraiment ?

— Mais… Oui… »

Les larmes reviennent, plus que la honte, plus que la douleur, c’est cette simple question qui la fait pleurer. Bien sûr qu’elle essaye. Elle fait de son mieux, elle veut qu’il soit fier d’elle. Dans ce « Vraiment ? », elle entend toute sa déception. Elle pleure, elle murmure des « Je fais ce que je peux …»

Il la relève et la serre dans ses bras, sans rien dire. Sa colère s’évapore ; il lui caresse doucement les cheveux. Elle pleure dans sa chemise. Son mascara soi-disant waterproof —bien trop cher— ruine sans doute la chemise pour de bon. Il s’en fiche.

« Je sais que tu fais des efforts… »

Elle ne répond pas. Elle n’y arrive pas. Il lui répète.

« Je sais que tu fais des efforts… Et je suis fier de toi, en général, tu sais ?»

Elle renifle.

« C’est vrai ? »

Il sourit et passe la main dans ses cheveux.

« Tu sais bien que tu es la championne du monde des sales gosses…»

Elle  lui donne un petit coup de poing sur le torse et sourit malgré elle. Elle est bien, là, contre lui.

Enfin, elle a mal au fesse, quand même. Pas étonnant que les factures, on appelle ça des “douloureuses”…

Habitudes

Pour une petite fée de passage

« Le problème, Julie, c’est l’attitude.

— Comment ça, l’attitude ?

— Eh bien, ton attitude, en général.

— Ouais bah qu’est ce qu’elle a, mon attitude en général ? »

Il soupire.

« Bah quoi ? » dit-elle avec un léger mouvement de tête.

« Ça, justement, cette façon de répondre, ça frôle l’insolence…

— Ça frise l’insolence, tu veux dire ? » Elle rigole, « En bon français ? »

Il ferme les yeux. Sa machoire se crispe. Elle lève les yeux au ciel.

« Pardon… Tu disais ?

— Tu sais très bien ce que je disais.

— L’attitude…

— L’attitude, oui, le comportement…

— Ah mais non, l’attitude et le comportement, ce n’est pas la même chose…

— Ne commence pas…

— Oui bah… Je suis déjà sur tes genoux, alors…

— Justement, oui, ça devrait t’inciter à rester sage.

— Mais je suis sage.

— Et donc c’est par hasard que tu es sur mes genoux, ta culotte a mi-cuisses ? »

Elle fait la moue et pose la tête sur le dos de sa main. Elle marmonne quelque chose.

« Quelque chose à dire ?

— Non…

— Tu es sûre ?

— …

— Pas un petit mot d’excuse ?

— Je suis désolée ? Ça va ça ? Niveau attitude ? Oui ? »

La claque la fait bondir, sèche, dure. Ses fesses sont déjà cramoisies, et malgré son air bravache, elle commence à bien la sentir, la punition. Il n’attend pas et lui en colle une autre, exactement au même endroit. Une troisième, une quatrième. Il est vraiment fâché, ce coup-ci. Sa main s’abat plus bas, sur ses cuisses. La douleur est cinglante.

« Non ! Pas là… »

Elle jette son bras en arrière dans le vain espoir de se protéger. Il le lui attrape et le lui coince dans le dos. Les claques pleuvent sur ses cuisses. Les larmes perlent au coin de ses yeux.

« S’il te plaît… »

Il arrête un instant et relâche son bras.

« Je t’écoute ?

— Je suis désolée… Vraiment…

— Et pourquoi es-tu désolée ?

— Ben parce que j’ai mal, là… »

Il lui flanque une dizaine de claques de plus à pleine main.

« De quoi es-tu désolée, Julie ?

— Ah tu vois, c’est mieux…

— Tu en veux encore ?

— Non ! Non, non… Pardon…

— Donc ?

— Je suis désolée d’être pénible…

— Et ?

— Et je ferai des efforts ? Pour mon attitude…

— Et ton comportement, tant qu’à faire…

— Oui oui… Promis…

Il a l’habitude d’entendre ça. Elle le dit sincèrement à chaque fois, il en est certain, ce qui ne l’empêche pas de se retrouver régulièrement sur ses genoux. Il jette un regard approbateur à ses fesses uniformément rougies, le regard averti d’un amateur du travail bien fait.

« Bon, je crois que tu sais ce qui t’attends ?

— S’il te plaît… J’aime pas ça…

— Et c’est bien pour ça que tu y vas.

— Mais je suis désolée ! Promis, j’ai bien compris la leçon…

— Et moi je veux qu’elle reste, la leçon que tu as compris… Alors, au coin.

— …

— Quoi ?

— La leçon que j’ai comprise, tu veux dire ? Non ?

Non

Pour une petite cigale de passage

“Non, Julie, j’ai dit non

— Mais…

— Non, c’est non.

— Oui mais…

— Non, pas «oui», non.

— Pfffff… T’es vraiment pas marrant.

— Ben… non, apparemment je ne suis pas marrant, non.

— Bon, t’as fini de dire non ?

— Hé ! C’est quoi ce ton, là ?

— Rien, rien… Pardon…

— Je préfère, oui…

— Ah bah tu vois…

— Julie… Arrête de chercher…

— Mais je ne cherche pas, pfff…

— Et arrête de soupirer comme ça… Tu sais bien que je n’aime pas ça.

— Oh là là… Mais c’est le goulag ici… »

Il lève les yeux au ciel, referme son livre d’un geste sec et la regarde droit dans les yeux.

« Bon, ça suffit maintenant. Je ne te le dirai pas une fois de plus. »

Elle fait la moue et se tait un moment. Il rouvre son livre et cherche sa page en se maudissant de ne pas l’avoir marquée. Silence, enfin.

« Oh allez, ça peut être marrant ! »

Tant pis pour la page, le livre retombe sur la table basse et il l’attrape par le poignet, la cale sur ses genoux.

« Non, non, attends ! »

Il retrousse sa petite jupe d’été, celle qu’elle aime bien faire tournoyer. La petite culotte est crème, fine, de la dentelle sur les côtés. Celle-là, il l’aime bien, et elle le sait.

« S’te plaît… C’était juste pour essayer…

— Et je t’ai dit non, Julie, tu ne me fesseras pas, tu ne touches pas à mes fesses !

— Mais c’est pas juste !

— La vie est injuste, ma grande ! »

Et sur ce, les claques pleuvent, ignorant les jérémiades. Ses fesses, à elle, rougissent de plus belle. La culotte reste en place, il aime bien l’effet que ça fait, il aime bien jouer avec. Elle gémit, elle se cache la tête dans un coussin. Il sait bien à quel jeu elle joue. Il aime bien y jouer aussi. Malgré lui, il sourit.

La fessée passée, elle se love contre lui. Il a repris son livre ; il a retrouvé sa page. Il lui fait un bisou sur les cheveux.

« Oui bah n’empêche que c’est pas juste, hein…

— Non, mais, au final, ça te va très bien comme ça. »

Elle fait une petite moue et se serre un peu plus contre lui. Silence, enfin. Elle lève la tête.

« Mais juste une fois, pour voir ? »

Aux francophones de passage!

Tout d’abord, mes excuses à celles ou ceux tombés sur ce blog par hasard, en tapant “fessée” dans un moteur de recherche ou que-sais-je, et déçus de ne trouver que des textes en anglais ici. A dire vrai, le public anglophone est tout simplement, et très logiquement plus large… C’est vénal, je sais… Mais je voulais également me frotter un peu à la langue de Shakespeare et voir si je pouvais enchanter d’autres publics que celui de ma langue maternelle. Pari en suspends pour l’instant mais les retours sont positifs et je m’en réjouis!

Néanmoins, j’ai voulu inclure cette référence à la langue de Molière dans la tagline (ironie!) quand j’ai créé ce blog il y a peu, car je ne renie pas la possibilité d’y mettre aussi des textes en français, qu’ils soient originaux ou de simples traductions de ceux en anglais. J’avais pensé faire une version totalement bilingue du blog, mais cela me semble être beaucoup de travail pour un résultat pour le moins incertain. J’espère que les gribouillis que je poste vous plaisent, quand bien même vous ne saisiriez pas leur contexte.

Reste que s’il y en a parmis-vous qui seraient intéressés de me lire en français plus souvent, n’hésitez pas à vous manifester, on publie pour être lu et servir son auditoire, n’est-ce pas?

Ses mains sans cesse et sans relâche
Passaient des claques à la cravache
De la ceinture au cruel fouet
Des canes souples au martinet
Il frappait encore et encore
Marquant sa peau, sa chair, son corps
Il la fessait, la punissait
Mais toujours d’un commun accord
Dans son intime il inscrivait
Son nom, jamais plus effacé
Son être entier lui confessaient
Son amour fou de la fessée
Son désir fou de la fesser