Il est rentré depuis une dizaine de minutes. Il lui a fait un petit bisou en passant la porte et il pianote sur son ordinateur depuis. Elle, ça l’énerve.
« T’es pas très bavard…
— Mmmh ?
— T’es pas très bavard, j’ai dit.
— Ah… »
Il lève un doigt et plisse les yeux en regardant son écran. Elle lève les siens au ciel.
« Il y a quoi de si intéressant sur ton ordi, là ?
— Rien, rien, attends.
— Je rêve…
— Qu’est ce qu’il y a ?
— Bah rien, apparemment…
— Arrête, Julie… Commence pas…
— J’arrête ou je commence pas ?
— Julie…
— Bon… »
Elle allonge ses jambes sur le canapé et croise les bras.
« Et à part ça… Tu ne remarques rien ?
— Mmmh ?
— Lève les yeux de ton ordi… Pfff…
— Quoi ?
— Tu ne remarques rien ?
— Si si, j’aime bien.
— De ?
— Ben la couleur.
— La couleur ?
— Des rideaux ? Non ?
— Non mais tu te fiches de moi, là ?
— Ben non, ils sont très bien.
— Tu fais exprès, c’est pas drôle…
— Tu as fait quelque chose à tes cheveux, c’est ça ?
— Ça vaut le coup de faire des efforts… »
Il tourne l’ordinateur vers elle. Il pointe l’écran du doigt.
« À cent trente-deux euros soixante-quinze, ce ne sont plus des efforts, c’est un investissement…
— Hum…
— Tu te rappelles qu’on a un compte commun ?
— Oui…
— Et tu me rappelles ce qu’on a dit le mois dernier ?
— Que j’avais un plafond…
— Parce-que ?
— Parce que je ne fais pas attention…
— Je ne sais même pas comment ça peut coûter si cher, un coiffeur
— Ben c’est les soins… Et…
— Et ?
— Ben il y avait des promos sur les produits…
— C’est pas censé être moins cher en promo ?
— Ben si, justement, ça valait le coup ! J’ai pris du stock !
— Julie…
— Oui mon chéri ? »
Elle fait une petite moue qui se veut séductrice. Il secoue la tête, doucement. Elle insiste.
« C’est pour toi, tu sais, tu ne voudrais pas que je ressemble à rien, hein, mon cœur ?
— Ce n’est pas la question, et tu le sais bien.
— Ben je fais des efforts, ça compte, non ?
— Je t’ai demandé d’en faire, des efforts, mais pas sur ta coiffure…
— Je suis désolée… »
Il ferme l’ordinateur et se lève. Vu les circonstances, la brosse semble un choix évident. Elle s’est rassise sur le canapé et lui jette un regard suppliant.
« Je voulais vraiment te faire plaisir, tu sais…
— Pour ça, il suffit d’être sage…
— Oui mais…
— Mais quoi, Julie ?
— Mais c’est pas drôle… »
Il lève les yeux et soupire. Il lui fait signe.
« Debout… Les mains sur la table. »
Il montre la table basse d’un geste. Elle lui obéit sans un mot et se penche, les jambes légèrement écartées. Il relève sa jupe, lui laisse sa culotte pour l’instant. Il pose la brosse à plat sur ses fesses encore blanches.
« Je vous fais une couleur, madame ? On a du rouge vif en promotion. »