Jalouse

—Et ça, c’est qui?

—Ben c’est Catherine, c’est marqué.

—Et c’est qui, ça, Catherine ?

—Mais tu l’as rencontrée, Catherine, du boulot…

—Ah ouais?

—Ouais, 55 ans, trois gamins, la frange comme ça.

—Mouais… Et celle-là ? Élodie ?

—La femme d’Henri ?

—Elle s’appelle Élodie ?

—On a diné tous ensemble, Julie…

—Oui, oui… Sandy ? C’est quoi ce prénom ?

—L’américaine.

—Ah bah bravo, exotique, tout ça… t’es vraiment un beau sal—

—Sandy, la lesbienne américaine, oui.

—Ah…

—Oui… C’est bon, t’as fini ?

—De ?

—Da faire ta jalouse ?

—Chuis pas jalouse.

—Ah bah pourtant…

—Non.

—D’aaaaccord. Tu me donne mon portable ?

—Oui, une minute… Lise ?

—Ben ma maîtresse.

—Quoi ?!

—Oh non, oups, je suis découvert, trop ballot…

—Pffff, t’es bête…

—Et toi t’es jalouse.

—Oui. Tes mains, elles sont à moi.

—Juste mes mains ?

—Le reste aussi, mais là, c’est tes mains que je veux.

—Où ça ?

—Commence par mes fesses… Et ne te retiens pas…

—Sinon quoi ?

—Sinon j’appelle mon amant, oh !

While the Cat’s Away…

“Unacceptable!” Madame Clairmont muttered as her hand came down on her maid’s already reddened bottom.

“Just unacceptable!” she said again, her ire making her slaps all the harder.

“Nein! Madame, please!” Belinda pleaded, tears rolling down her blushing cheeks.

The stern older woman kept repeating the same word, like a mantra, marking every syllable with a heavy slap.

“Un- *SMACK!* ac- *SMACK!* cept- *SMACK!* ta- *SMACK!* ble!”

Older or not, Madame’s hand didn’t seem to tire, and Belinda kept clenching and unclenching her buttocks, moaning in pain, begging for mercy.

*SMACK!* *SMACK!* *SMACK!* *SMACK!* *SMACK!* it continued.

It had all started when Madame Clairmont had left that morning, leaving Belinda, her German maid, to do her usual cleaning of the house. As she did every morning, Belinda had opened the windows to let the fresh morning air in. Suddenly, a cat had jumped through the window, and proceeded to run straight for the kitchen. “Was zur Hölle!” exclaimed the young, surprised Belinda, and she ran after it.  As she did so, her feather-duster hit Madame’s jewellery stand and the precious earrings and necklaces fell on the floor. As she paused to try and pick some off the floor, she heard a loud crash in the living room. She hurried herself there, only to find a vase in pieces on the floor. Oh Scheiße… she thought and went after the cat.

It had reached the kitchen, making straight for the work surface where food lay, ready to be prepared. The fresh fish seemed to be of particular interest to the kitty, and, having grabbed one, it jumped back towards the living room, passing between Belinda’s legs. She turned around only to see the cat dragging the wet, smelly fish all over the dense, expensive carpet. Ach du heilige Scheiße!

“Komm hierher!” she called the cat, who let the fish fall down on the carpet in a wet splosh to meow at her. Just as she thought she might catch the elusive intruder, it run away again, and in her hurry, Belinda slipped on the fish. She fell down and crashed into the coffee table, sending the ashtray that was on it to the ground. Of course, she hadn’t emptied it yet. Madame tended to smoke a few cigarettes in the morning, she knew. It was now all over the fishy carpet. Das kann doch nicht wahr sein!!!

The accursed Katze meowed again, as if mocking her, and she got up, her vengeful feather-duster held high. Finally, she managed to chase the cat out the window it had come in. As she caught her breath, trying to process what had just happened, she heard the unmistakable click of the front door opening. She closed her eyes. Surely, this was all a bad dream.

“OH MON DIEU!” she heard Madame Clairmont say, and then a loud “BELINDA!”

Before she could offer an explanation, stammering as she was in a mix of German and French, Madame had pulled her over her lap, pulled her skirt up and started raining hard slaps on her quivering bottom. The small thong that she was wearing didn’t afford her any protection, and she felt Madame’s anger in full. “Unacceptable, Belinda,” Madame Clairmont was saying in her thick French accent, “Totally unacceptable!”

And the slaps came, and came, and came again. Belinda was crying, begging, still trying to explain what had happened as her bottom turned from pink to red to dark, throbbing crimson. As more slaps came down, she could swear she heard a mocking meow in the background.

Jamais

Au début, ce n’était pas assez fort. Genre, c’est une fessée, pas une caressée, ah là là… Mais pas trop fort non plus, en tout cas pas tout de suite. C’est un cul, pas une enclume… Ensuite, c’était trop prévisible. Droite-gauche, droite gauche, on s’en lasse. Il faut être un peu joueur, taquin, okay ? Un coup par-ci, un coup par là, plus vite, moins fort… Et les cuisses de temps en temps… Mais pas trop, hein, ça fait mal. Après, il laissait la culotte trop longtemps. Si c’est pas une déculottée, ça ne compte pas. C’est comme ça, c’est la règle. Mais ensuite il la baissait trop tôt, du coup. Il faut laisser la pression monter un peu, mon p’tit monsieur, sinon c’est pas du jeu. Et c’est toujours sur les genoux ? C’est pas super confortable après un moment… Sur le lit, moui… Ou le canapé, peut-être ? Ah oui, penchée sur la chaise, j’aime bien. Contre le mur, hein… On peut essayer… Bon, la main, c’est bien, hein, mais on peut p’têt tenter autre chose ? Oh, elle est un peu lourde, la brosse, là, non ? Mmh, j’aime pas trop la spatule… Ah non, la canne ça laisse trop de marques… Le paddle ? Moui… C’est un peu cliché, non ? Faut s’habiller en petite écolière aussi ? Pervers, va. Oh bah non, le martinet c’est démodé. Dis, elle fait mal la cravache. Tu me fesses à la main ? Bah sur tes genoux ? Bah quoi ?

Les filles, elles sont jamais contentes.

Dictionnaire

— Tiens, regarde, selon le Robert : Fessée (n.f.) :  Tape(s) donnée(s) sur les fesses, et selon Larousse : Fessée (n.f.) : Série de coups sur les fesses… T’as vu ? On passe des tapes aux coups, intéressant, non ?… Et en série, s’il te plait !

—Bah on va écouter le Robert, hein…

— Si tu veux… Selon le Robert, encore : Synonyme : déculottée. Ah bah tu vois, Julie, c’est pas moi qui l’dit, c’est l’dictionnaire.

—Quand ça t’arrange… Et ça dit quoi pour agaçant ? Juste ton prénom ?

—Non, mais apparemment un martinet ce n’est pas qu’un oiseau, regarde…

—…

—Et boudeuse, ce n’est pas qu’un siège ! On en apprend, des choses…

Aïe

« Oh pu—

— Julie !

— …rée…

— Mieux… Fais attention, je te l’ai déjà dit.

— Oui, ben je me suis fait mal, tu t’en fous ?

— Non, je ne m’en fiche pas… Ça va ?

— Oui…

— Qu’est ce que tu t’es fait ?

— Je me suis cognée le pied.

— D’accord…

— Quoi ?

— Je ne sais pas, tu as l’air fâchée.

— Ben oui !

— Ah…

— Je me suis fait mal et toi tu ne penses qu’à me punir…

— Rhooo, mais non…

— Ah si, si…

— Non, je te dis…

— De toute façon t’aimes ça, que j’aie mal, non ?

— Non…

— Ah oui ? Tu aimes juste quand c’est toi qui me fais mal ?

— Euh… C’est pas ça…

— Bah ? C’est un peu ça, non ?

— Mais non… Moi j’aime quand tu t’améliores, quand tu fais de ton mieux… Si je te punis, c’est juste pour que tu sois meilleure.

— Oui, oui, c’est pour mon bien…

— Ben qu’est ce que t’as, là ?

— Rien, rien.

—Ah oui, ce genre de rien…

— Pffff…

— Ah bah pffff, oui… »

Elle fait la moue et regarde son téléphone. Il n’en rajoute pas. Il termine de lire l’article qu’il parcourait. Décidément, ça ne s’améliore pas, Trump. Ces amerloques, quand même… Il la regarde. Elle tire la tête, et elle le fait bien savoir. Il n’y a que son pouce qui bouge —tap, tap, tap, ça défile. Elle a les sourcils froncés, toujours une moue à la bouche.

« Mais ça va, ton pied, quand même ?

— Moui…

— Mais, dis-moi…

— Oui ?

— La douleur… Tu aimes bien, non ?

— Ah ouais, ça m’excite carrément de me cogner le pied. Je vais devoir aller changer de culotte là…

— Arrête…

— Ah mais non, mais je te dis. Tu devrais te méfier ; le pied de la table, là, il me fait de l’effet…

— Julie…

— Et puis le buffet, oh là là…

— Julie !

— … »

Elle retourne à son téléphone. Il se lève et va s’asseoir à son côté, sur le canapé.

« Julie… »

Elle ne le regarde pas —tap, tap, tap.

« Fais pas la tête… »

Tap, tap, une pause, « j’aime », tap, tap. Il lui pose un léger baiser sur l’épaule.

« Ah, j’ai quand même droit à un bisou ?

— Oh bah arrêtes, tu fais comme si j’étais tout le temps à te gronder.

— Non mais… Un peu, hein…

— Oh ? Tu penses vraiment ça ?

— Ben moi j’aime bien aussi quand tu me fesses juste comme ça…

— Pour le plaisir, tu veux dire ?

— Ben oui… »

Il lui caresse les cheveux, doucement.

« Tu crois que je fais ça mieux que le buffet ?

— Ah bah je ne sais pas, hein… Ça fait longtemps… »

Elle pose sa tête sur son épaule. Elle adore son parfum. Elle ferme les yeux.

« Tu veux ?… »

Elle ne répond rien et s’allonge sur ses genoux, les fesses légèrement relevées, comme une invitation.

« ‘Chais pas… Essaye, pour voir ? »

Il lui caresse les fesses, les jambes.

« ‘Pepep, on ne profite pas !”

Il lui claque les fesses, doucement.

« Bon ben je vais appeler le buffet, hein… »

La claque suivant la fait bondir un peu.

« Ah, c’est mieux, ça…

— Oui ? Comme ça ? »

Une autre, puis une autre, il enchaîne, un peu plus fort, un peu plus vite. Elle sourit et se mord légèrement la lèvre.

« C’est mieux… »

Il continue sur sa lancée, alternant fessées et caresses, des volées rapides et des claques plus appuyée. La jupe est relevée. Il continue. Le rose devient plus rouge. La culotte se retrouve à ses chevilles. Il l’entend gémir doucement, sa respiration est plus haletante, plus forte. Elle tourne la tête et lui jette un regard qui en dit long. Elle en veux encore. Elle écarte légèrement les jambes, lève ses fesses pour mieux se les faire rougir. Elle serre le coussin du canapé plus fort. Il continue, le sourire aux lèvres.

Elle regarde le plafond. Il est bien plus tard. Ils sont nus, sur le lit. Elle sourit. Elle a mal aux fesses, et elle ne peut pas s’arrêter de sourire. Elle ne le voit pas. Elle l’entend respirer près d’elle. Elle aime son parfum. Ses mains. Ses yeux. Elle aime tout chez lui, elle aime ce qu’il lui fait. Elle aime qu’il en ait quelque chose à ficher d’elle, de son comportement, de ses bêtises. Elle aime qu’il soit fier d’elle.

Elle soupire de plaisir et se lève pour aller aux toilettes.

Le pied du lit. Un amant de plus.

« Ah fait ch… »

Habitudes

Pour une petite fée de passage

« Le problème, Julie, c’est l’attitude.

— Comment ça, l’attitude ?

— Eh bien, ton attitude, en général.

— Ouais bah qu’est ce qu’elle a, mon attitude en général ? »

Il soupire.

« Bah quoi ? » dit-elle avec un léger mouvement de tête.

« Ça, justement, cette façon de répondre, ça frôle l’insolence…

— Ça frise l’insolence, tu veux dire ? » Elle rigole, « En bon français ? »

Il ferme les yeux. Sa machoire se crispe. Elle lève les yeux au ciel.

« Pardon… Tu disais ?

— Tu sais très bien ce que je disais.

— L’attitude…

— L’attitude, oui, le comportement…

— Ah mais non, l’attitude et le comportement, ce n’est pas la même chose…

— Ne commence pas…

— Oui bah… Je suis déjà sur tes genoux, alors…

— Justement, oui, ça devrait t’inciter à rester sage.

— Mais je suis sage.

— Et donc c’est par hasard que tu es sur mes genoux, ta culotte a mi-cuisses ? »

Elle fait la moue et pose la tête sur le dos de sa main. Elle marmonne quelque chose.

« Quelque chose à dire ?

— Non…

— Tu es sûre ?

— …

— Pas un petit mot d’excuse ?

— Je suis désolée ? Ça va ça ? Niveau attitude ? Oui ? »

La claque la fait bondir, sèche, dure. Ses fesses sont déjà cramoisies, et malgré son air bravache, elle commence à bien la sentir, la punition. Il n’attend pas et lui en colle une autre, exactement au même endroit. Une troisième, une quatrième. Il est vraiment fâché, ce coup-ci. Sa main s’abat plus bas, sur ses cuisses. La douleur est cinglante.

« Non ! Pas là… »

Elle jette son bras en arrière dans le vain espoir de se protéger. Il le lui attrape et le lui coince dans le dos. Les claques pleuvent sur ses cuisses. Les larmes perlent au coin de ses yeux.

« S’il te plaît… »

Il arrête un instant et relâche son bras.

« Je t’écoute ?

— Je suis désolée… Vraiment…

— Et pourquoi es-tu désolée ?

— Ben parce que j’ai mal, là… »

Il lui flanque une dizaine de claques de plus à pleine main.

« De quoi es-tu désolée, Julie ?

— Ah tu vois, c’est mieux…

— Tu en veux encore ?

— Non ! Non, non… Pardon…

— Donc ?

— Je suis désolée d’être pénible…

— Et ?

— Et je ferai des efforts ? Pour mon attitude…

— Et ton comportement, tant qu’à faire…

— Oui oui… Promis…

Il a l’habitude d’entendre ça. Elle le dit sincèrement à chaque fois, il en est certain, ce qui ne l’empêche pas de se retrouver régulièrement sur ses genoux. Il jette un regard approbateur à ses fesses uniformément rougies, le regard averti d’un amateur du travail bien fait.

« Bon, je crois que tu sais ce qui t’attends ?

— S’il te plaît… J’aime pas ça…

— Et c’est bien pour ça que tu y vas.

— Mais je suis désolée ! Promis, j’ai bien compris la leçon…

— Et moi je veux qu’elle reste, la leçon que tu as compris… Alors, au coin.

— …

— Quoi ?

— La leçon que j’ai comprise, tu veux dire ? Non ?

Non

Pour une petite cigale de passage

“Non, Julie, j’ai dit non

— Mais…

— Non, c’est non.

— Oui mais…

— Non, pas «oui», non.

— Pfffff… T’es vraiment pas marrant.

— Ben… non, apparemment je ne suis pas marrant, non.

— Bon, t’as fini de dire non ?

— Hé ! C’est quoi ce ton, là ?

— Rien, rien… Pardon…

— Je préfère, oui…

— Ah bah tu vois…

— Julie… Arrête de chercher…

— Mais je ne cherche pas, pfff…

— Et arrête de soupirer comme ça… Tu sais bien que je n’aime pas ça.

— Oh là là… Mais c’est le goulag ici… »

Il lève les yeux au ciel, referme son livre d’un geste sec et la regarde droit dans les yeux.

« Bon, ça suffit maintenant. Je ne te le dirai pas une fois de plus. »

Elle fait la moue et se tait un moment. Il rouvre son livre et cherche sa page en se maudissant de ne pas l’avoir marquée. Silence, enfin.

« Oh allez, ça peut être marrant ! »

Tant pis pour la page, le livre retombe sur la table basse et il l’attrape par le poignet, la cale sur ses genoux.

« Non, non, attends ! »

Il retrousse sa petite jupe d’été, celle qu’elle aime bien faire tournoyer. La petite culotte est crème, fine, de la dentelle sur les côtés. Celle-là, il l’aime bien, et elle le sait.

« S’te plaît… C’était juste pour essayer…

— Et je t’ai dit non, Julie, tu ne me fesseras pas, tu ne touches pas à mes fesses !

— Mais c’est pas juste !

— La vie est injuste, ma grande ! »

Et sur ce, les claques pleuvent, ignorant les jérémiades. Ses fesses, à elle, rougissent de plus belle. La culotte reste en place, il aime bien l’effet que ça fait, il aime bien jouer avec. Elle gémit, elle se cache la tête dans un coussin. Il sait bien à quel jeu elle joue. Il aime bien y jouer aussi. Malgré lui, il sourit.

La fessée passée, elle se love contre lui. Il a repris son livre ; il a retrouvé sa page. Il lui fait un bisou sur les cheveux.

« Oui bah n’empêche que c’est pas juste, hein…

— Non, mais, au final, ça te va très bien comme ça. »

Elle fait une petite moue et se serre un peu plus contre lui. Silence, enfin. Elle lève la tête.

« Mais juste une fois, pour voir ? »