Réveil

Elle éteint le réveil qui sonne sur son portable en grommelant et repose la tête sur son oreiller. Elle n’est pas du matin. Elle se retourne vers lui. Il  la regarde et passe sa main sur sa joue.

« Bonjour, toi… »

Elle fait une petite moue.

« Hmm… J’ai pas envie…

— T’as pas envie ?

— De me lever…

— Il va bien falloir…

— Ou alors… On peut rester là, tous les deux ?

— Ah oui, tu crois ?

— Oui… J’ai pas envie aujourd’hui… »

Il sourit.

« Tu n’as jamais envie de te lever, en même temps…

— Pfff… »

Elle se retourne vers sa table de nuit et prend son portable.

« Julie…

— Oui, je vais me lever… Juste deux minutes…. »

La première claque s’abat sans prévenir. Elle crie.

« Non ! S’il te plaît…

— Tu te rappelles ce qu’on a dit hier ?

— Oui… Mais j’ai plus envie… »

D’autres claques tombent, la font gémir.

« Je serai sage, je te promet…

— C’est bien pour ça que je le fais…

— Oui mais…

— Mais rien du tout, ma grande… Mets-toi sur le ventre.

— Je ne suis pas grande…

— Julie…»

Elle se tourne vers lui.

« Tu ne vas pas me faire ça tous les matins, hein ?

— Jusqu’à ce que tu sois sage, comme on a dit…

— Ah mais c’est bon, je suis très, très sage, hein.

— Oui oui… Sur le ventre, Julie…

— Non, tu vas me fesser…

— Et si tu n’obéis pas, ça va être pire… »

Elle lâche un petit gémissement et finit par faire ce qu’il lui dit. Il lui caresse la nuque, le dos.

« Ah bah non, hein, n’en profite pas !

— Tu vois, il y a du boulot ! »

Il descend sa main jusqu’à ses fesses et rajuste la culotte avant d’y poser une série de coups à pleine main. Elle enfonce sa tête dans son oreiller. Il continue, plus fort, alternant fesse gauche et fesse droite. La culotte ne la couvre pas longtemps. Elle gémit plus fort quand il recommence à la fesser.

« Donc, tu seras sage, aujourd’hui ?»

Elle lui répond, la tête toujours dans l’oreiller. Il claque plus fort. Sa tête se lève immédiatement.

« Oui oui oui oui oui oui oui ! Je serai sage ! Je serai sage !

— Promis ?

— Je vais essayer… »

Une nouvelle série de claques, chacune plus forte que l’autre. Elle crie

« Oui je serai sage, je te promets ! »

Sa main remonte le long de sa colonne vertébrale, lui caresse la nuque, les cheveux. Il se penche vers elle et l’embrasse tendrement.

« À la douche, jeune fille… »

Elle tourne la tête vers lui et le parcours du regard. Un de ses sourcils se lève. Elle lui sourit.

« Alors tu viens avec moi, je ne vais pas te laisser dans cet état… »

Sucré

« Voilàààà !»

Elle pose les assiettes sur la table —c’était son tour de faire la cuisine. Elle va remplir une carafe d’eau, la pose sur la table à son tour et s’assoit. Il y a de la musique douce en arrière-plan, elle lui fait un sourire, il le lui rend.

« Ça a l’air bon.

— Oui hein ? J’ai trouvé une recette, ça avait l’air sympa.

— Tu me dis ce qu’il y a dedans ?

— Ah bah non, goûte ! »

Il prend une bouchée et fait la grimace.

« C’était quoi ta recette, exactement, là ?

— Ben émincé de poulet aux épices, du riz et…

— C’est censé être sucré comme ça ?

— Hein ? Sucré ?

— Vas-y goûte… »

Elle regarde sa fourchette d’un air douteux et la porte à sa bouche. Elle recrache sa bouchée immédiatement dans son assiette.

« Ah, mais non, ne crache pas…

— Non mais t’as raison, c’est sucré, beurk.

— Il y avait du sucre dans la recette ?

— Ben non…

— Bah pourtant…

— Oui bah ça va, j’ai bien vu !

— Baisse d’un ton, Julie.

— Pardon… Mais tu te doutes bien que je n’ai pas fait exprès…

— Non enfin parfois les recettes…

— Quoi les recettes ? Si t’aimes pas quand je cuisine tu peux le faire tout le temps, hein !

— C’est pas ce que j’ai dit !

— Non mais tu sais toujours tout mieux que tout le monde alors…

— Julie, ça suffit ! »

Elle se tait et pousse son assiette. Il reprend.

« Tout ce que je disais, donc, c’est que parfois on trouve des recettes bizarres, c’est tout ; je ne remets pas en talent tes talents de cuisinière…

— Pfff, arrête, ça fait années 50…

— Tu veux être forcée de finir de ton assiette ?

— Non, ça va aller, merci…

— Alors tiens-toi, un peu, j’aime pas trop ton ton.

— Tonton qui ?

— Non, le ton que tu as.

— Ben c’est du poulet, en fait…

— Julie…

— Rhoo, ça va… »

Il prend les deux assiettes et va les vider dans la cuisine.

« Juliiiie ?

— Oui ?

— Viens voir. »

Elle arrive alors qu’il pose les assiettes sale dans l’évier. Il pointe le comptoir du doigt.

« Regarde.

— Quoi ?

— Ben là, sur le comptoir.

— Oui, bon, j’allais ranger après le repas, c’est bon…

— Mais non, regarde, le sucre, qu’est ce qu’il fait là ?

— Ben non, c’est le sel, ça.

— Ah bah tu vois, on a résolu le mystère…

— Mais…

— Julie…

— Oui ?

— Tu n’as pas tes lentilles, c’est ça ?

— …

— C’est ça ?

— J’avais mal aux yeux…

— Et tes lunettes ?

— Ben…

— Oui, je t’écoute ?

— Tu ne te fâches pas, hein ?

— Si tu me dis que tu les as encore cassées…

— Non…

— Quoi alors ?

— Ben… Elles sont pas perdues, hein… Je ne sais juste pas où elles sont…

— Oui, elles sont perdues, quoi.

— Moui… »

Elle baisse les yeux et n’ose rien ajouter. Il frotte les yeux et soupire.

« Si je refais à manger, tu ne me punis pas ?

— Mais c’est pas pour le poulet que je suis fâché, Julie…

— Non mais… Quand t’as faim t’es grognon…

— C’est surtout quand tu fais des bêtises que je suis grognon.

— Mais j’ai pas fait exprès !

— Encore heureux !

— Mais…

— Je t’ai dit qu’il fallait être plus attentive, Julie ! C’est ta combientième paire, cette année ?

— Troisième…

— Et l’année dernière ?

— Cinq…

— On croirait une gamine sur une cour de récré…

— Mais non… »

Elle voit son regard qui se dirige vers le pot de cuillères et d’ustensiles. Elle se mord la lèvre.

« Baisse ton pantalon.

— Non, s’il te plaît.

— Ne me fais pas répéter.

— S’il te plaît…

— Maintenant, Julie ! »

Elle s’exécute pendant qu’il prend une maryse en silicone. Elle sent un frisson lui courir le long de la colonne. Déjà que le bois, elle n’aime pas ça… Elle laisse le jean à mi-cuisse et pose ses mains sur le rebord de l’évier. Il pose la maryse près d’elle, comme une promesse de tourments à venir, et passe la main dans ses cheveux. Il les serre et lui tire la tête légèrement en arrière.

« J’en ai plus qu’assez de tes étourderies, c’est bien clair ?

— Aïe… Oui, c’est très clair…

— Plus de lunettes cassées ou perdues, plus d’oublis de choses importantes, plus de je n’ai pas fait exprès…

— Tu veux que je fasse exprès ? »

La première claque tombe à gauche, sèche et douloureuse.

« Tu te fiches de moi, en plus ?

— Pardon… »

Il lui lâche les cheveux et pose sa main le long de son dos pour la maintenir en position. Une cinquantaine de claques plus tard, il attrape sa culotte et lui la baisse d’un coup sec. Il prend la maryse. Elle gémit.

« Non… Non non non… »

Rien n’y fait, les premiers coups enflamment ses fesses déjà endolories par les précédentes attentions. Elle crie, les larmes aux bords des yeux. Elle tape des pieds, serre l’évier plus fort, se cambre, serre les fesses, rien n’y fait, la douleur prend le dessus. Il continue, inexorable. Elle n’arrive plus à penser. Elle veut juste que ça s’arrête. Finalement, elle pleure, de grosses larmes qui tombent bruyamment dans l’évier.

Il y pose la maryse et passe doucement sa main sur ses fesses cramoisies. Elle se retourne, toujours sanglotante. Elle se love contre sa poitrine.

« Je suis désolée… Je ferai attention, je te promets…

— Tu vas aller au coin…

— Non…

— Le temps que je te fasse à manger.

— Moui…

— Et tu prends rendez-vous chez l’opticien demain…

— Oui…

— Tu n’oublieras pas ?

— Non, promis… Tu vas faire quoi à manger ?

— Vu ton goût pour le sucre… Porc au caramel ?»

Respect

Elle mordille le bout de son stylo en réfléchissant à ce qu’elle écrit. Les fesses brûlantes, elle a du mal à se concentrer. Il est vache, quand même, comme si la fessée ne suffisait pas. “Le respect d’autrui passe par le respect de soi”. C’est pas une punition, ça, c’est un sujet de philo. Elle soupire. Mille mots, il lui a dit ; et puis quoi encore ? Il voudrait des citations, le monsieur ? C’est loin, la Terminale, pffff…

Mais elle n’ose pas protester, de peur qu’il lui prenne l’envie de mettre un paillasson sur la chaise ou une autre idée tordue comme celle-là. Déjà que là, elle n’a que son t-shirt sur elle. Elle le sent bien, le bois de la chaise. Au moins, c’était frais quand elle s’est assise, ça l’a soulagée, un peu. Au lieu d’écrire, elle compte les mots qu’elle a. Deux cent treize. Elle n’est pas rendue. Elle gigote sur sa chaise sans trouver de position confortable. Il n’y a pas été de main morte. Enfin ça, il y va rarement, cela dit. Il n’est pas méchant, mais il ne faut pas le chercher. Et là… elle l’a bien cherché…  Lui comme la punition, d’ailleurs.

Mais quand-même, il abuse ! Surtout qu’elle le connaît, il va chercher la p’tite bête, il ne laissera rien passer. Il va prendre un crayon aussi rouge que ses fesses, à elle, et il va se faire une joie de chercher les petites fautes, les incohérences… Il faut être un peu sadique pour être prof, elle en est sûre.

Le respect de soi… Elle ne voit pas le rapport avec la correction qu’elle s’est prise. Le respect d’autrui, bon… Mais ce n’était pas méchant, il sait bien qu’elle trouve ça mignon, ses petites poignées d’amour. Dominant, dominant, il a l’égo fragile, parfois, quand-même. C’est bien les hommes, ça… Bon, c’est vrai qu’elle a insisté… Un peu… Elle aurait peut-être pu éviter de le titiller avec un crayon… Pendant qu’il travaillait… À plusieurs reprises… Mais elle ne voit toujours pas le rapport.

Six cent deux mots. Bon. Pour respecter les autres… Il faut les voir comme des personnes à part entière… Et il faut les traiter comme on voudrait l’être, la fameuse règle d’or. Et donc… Si on se respecte soi-même et qu’on traite les autres comme on voudrait qu’on soit traité, logiquement, ça marche. M’enfin, on peut très bien être respectueux envers les autres sans forcément s’apprécier soi-même, hein ! Et on peut trouver certaines personnes supérieures à nous-mêmes. Ou c’est peut-être plus de l’admiration que du respect, dans ce cas-là ?Rhaaaa, elle sait qu’il aime bien couper les cheveux en quatre, mais là, quand même… Elle se frotte les fesses et gémit doucement. Et le respect pour son postérieur, hein ? Là, y a plus personne. Elle va le marquer, tiens, ça le fera peut-être rire. Ou pas… C’est le risque… Boah, de toute façon, il ne lui fera rien de plus barbant que ça.

Huit cent quatre-vingt-seize. Elle y est presque. Elle l’entend siffloter dans la cuisine. Les lacs du Connemara. Aucun respect pour les oreilles non plus, apparemment. Elle relit ce qu’elle a écrit pour la cinquantième fois. Finalement, les fessées, c’est pas si mal, au moins ça passe relativement vite. Puis elle est bien sur ses genoux, et elle sait l’effet que ça lui fait, de la punir. En général, il est tendre après. Au pire, elle passe dix minutes au coin, mais elle a toujours le droit à un câlin. Là… Ça va faire un heure et demie qu’elle est sur sa chaise, et rien.

Mille. Pas trop tôt… Elle a vraiment la flemme de se relire encore. Elle se lève en grimaçant et va le voir, sur la pointe des pieds. Elle lui tend les feuilles et tire sur son t-shirt dans le vain espoir de préserver le peu qui lui reste de dignité. Avec un sourire, il prend les feuilles et les jette directement à la poubelle. Elle le regarde, bouche bée.

« Mais…

— Oui ? Un commentaire, Julie ?

— Tu ne lis même pas ?

— Ce qui m’intéresse, c’est que tu aies réfléchi.

— Ben j’aurais pu réfléchir allongée sur le canapé pendant que tu me passais de la crème, hein…

— Là au moins je suis sûr que tu as fait ça bien.

— Et le respect pour mon travail ? Franchement…

— Oui ?

— Ben j’ai bien travaillé, j’ai été sage…

— Ah ? Tu crois ?

— Oui.

— Et c’est agaçant quand on te manque de respect ?

— Oui…

— Tu as l’impression que j’en ai rien a faire, de ton travail ?

— Ben… Oui…

— Et tu vois où je veux en venir ?

— Oui… je ne t’embêterai plus pendant que tu bosses.

— Et ?

— Je ne me moquerai plus de tes petites poignées d’amour trop chou que j’adore…

— Mouais…

— Je peux avoir mon câlin maintenant ?

— Oui, viens…

— Et de la crème ?

— D’accord…

— Et du chocolat ?

— Julie…

— Je me respecte, tu vois, je sais ce que je veux.

— Je vois ça…

— Et tu sais ce que je veux d’autre ?

— Dis-moi ? »

Elle l’embrasse, les mains posées sur ses hanches. Elle ne peut pas s’empêcher, elle les lui pince un peu. Il lui claque les fesses tout de suite, sans cesser de l’embrasser. C’est mieux que les textes à la noix, quand même…

Promotion

Il est rentré depuis une dizaine de minutes. Il lui a fait un petit bisou en passant la porte et il pianote sur son ordinateur depuis. Elle, ça l’énerve.

« T’es pas très bavard…

— Mmmh ?

— T’es pas très bavard, j’ai dit.

— Ah… »

Il lève un doigt et plisse les yeux en regardant son écran. Elle lève les siens au ciel.

« Il y a quoi de si intéressant sur ton ordi, là ?

— Rien, rien, attends.

— Je rêve…

— Qu’est ce qu’il y a ?

— Bah rien, apparemment…

— Arrête, Julie… Commence pas…

— J’arrête ou je commence pas ?

— Julie…

— Bon… »

Elle allonge ses jambes sur le canapé et croise les bras.

« Et à part ça… Tu ne remarques rien ?

— Mmmh ?

— Lève les yeux de ton ordi… Pfff…

— Quoi ?

— Tu ne remarques rien ?

— Si si, j’aime bien.

— De ?

— Ben la couleur.

— La couleur ?

— Des rideaux ? Non ?

— Non mais tu te fiches de moi, là ?

— Ben non, ils sont très bien.

— Tu fais exprès, c’est pas drôle…

— Tu as fait quelque chose à tes cheveux, c’est ça ?

— Ça vaut le coup de faire des efforts… »

Il tourne l’ordinateur vers elle. Il pointe l’écran du doigt.

« À cent trente-deux euros soixante-quinze, ce ne sont plus des efforts, c’est un investissement…

— Hum…

— Tu te rappelles qu’on a un compte commun ?

— Oui…

— Et tu me rappelles ce qu’on a dit le mois dernier ?

— Que j’avais un plafond…

— Parce-que ?

— Parce que je ne fais pas attention…

— Je ne sais même pas comment ça peut coûter si cher, un coiffeur

— Ben c’est les soins… Et…

— Et ?

— Ben il y avait des promos sur les produits…

— C’est pas censé être moins cher en promo ?

— Ben si, justement, ça valait le coup ! J’ai pris du stock !

— Julie…

— Oui mon chéri ? »

Elle fait une petite moue qui se veut séductrice. Il secoue la tête, doucement. Elle insiste.

« C’est pour toi, tu sais, tu ne voudrais pas que je ressemble à rien, hein, mon cœur ?

— Ce n’est pas la question, et tu le sais bien.

— Ben je fais des efforts, ça compte, non ?

— Je t’ai demandé d’en faire, des efforts, mais pas sur ta coiffure…

— Je suis désolée… »

Il ferme l’ordinateur et se lève. Vu les circonstances, la brosse semble un choix évident. Elle s’est rassise sur le canapé et lui jette un regard suppliant.

« Je voulais vraiment te faire plaisir, tu sais…

— Pour ça, il suffit d’être sage…

— Oui mais…

— Mais quoi, Julie ?

— Mais c’est pas drôle… »

Il lève les yeux et soupire. Il lui fait signe.

« Debout… Les mains sur la table. »

Il montre la table basse d’un geste. Elle lui obéit sans un mot et se penche, les jambes légèrement écartées. Il relève sa jupe, lui laisse sa culotte pour l’instant. Il pose la brosse à plat sur ses fesses encore blanches.

« Je vous fais une couleur, madame ? On a du rouge vif en promotion. »