Réveil-matin

—Euh, Julie?

—Gruimmmm?

—Tu te lèves pas?

—Simmgrmmbl…

—Julie…

Elle tire la couette sur sa tête.

—Il est 7h, là, Julie…

—Mais non…

—Ah bah si…

—J’ai pas envie.

—Ah bah je vois ça…

—’Vais faire dodo, un peu, valà…

—Allez, debout, la miss.

—Même pas de croissants, p’tit dèj au lit?

—Euh… non?

—T’es nul.

—Et toi tu vas être en retard. Zou, à la douche!

—Non.

—Non?

—Non…

Il passe sa main sous la couette et la pose innocemment sur ses fesses.

—T’es sûre?

—…

Il tape ses fesses légèrement, une fois, deux fois, trois fois…

—Juliiiie…

—Pfff…

—Dernière chance.

—Ah bah ça, pas le temps pour une petite siestounette mais t’as le temps de me fesser, quoi. Franchement, c’est n’importe qu-

Il tire la couette d’un geste sec et sa main s’abat sans retenue sur le derrière offert —petite nuisette, petite dentelle, ça ne laisse pas beaucoup de place à l’imagination. Elle gémit et essaye de se tourner sur le dos. Il la retient d’une main et lui flanque des claques plein les fesses de l’autre. Elle se plaint ; il n’écoute plus. Elle gigote et se tortille ; il la tient plus fermement. Elle lui dit que c’est pas juste ; il lui dit que, justement, il est la main vengeresse de la Justice. Elle ne trouve pas ça drôle ; il trouve ça hilarant.

Elle est réveillée. Ses fesses brûlent. C’est lundi. Une bonne semaine qui s’annonce, elle le sent… Surtout dans le bas du dos…

Jalouse

—Et ça, c’est qui?

—Ben c’est Catherine, c’est marqué.

—Et c’est qui, ça, Catherine ?

—Mais tu l’as rencontrée, Catherine, du boulot…

—Ah ouais?

—Ouais, 55 ans, trois gamins, la frange comme ça.

—Mouais… Et celle-là ? Élodie ?

—La femme d’Henri ?

—Elle s’appelle Élodie ?

—On a diné tous ensemble, Julie…

—Oui, oui… Sandy ? C’est quoi ce prénom ?

—L’américaine.

—Ah bah bravo, exotique, tout ça… t’es vraiment un beau sal—

—Sandy, la lesbienne américaine, oui.

—Ah…

—Oui… C’est bon, t’as fini ?

—De ?

—Da faire ta jalouse ?

—Chuis pas jalouse.

—Ah bah pourtant…

—Non.

—D’aaaaccord. Tu me donne mon portable ?

—Oui, une minute… Lise ?

—Ben ma maîtresse.

—Quoi ?!

—Oh non, oups, je suis découvert, trop ballot…

—Pffff, t’es bête…

—Et toi t’es jalouse.

—Oui. Tes mains, elles sont à moi.

—Juste mes mains ?

—Le reste aussi, mais là, c’est tes mains que je veux.

—Où ça ?

—Commence par mes fesses… Et ne te retiens pas…

—Sinon quoi ?

—Sinon j’appelle mon amant, oh !

Je ne fais que ça

“—Ah bah t’as fait fort, là, quand même…

—De quoi ?

—Bah regarde…

—Regarde quoi ?

—Bah ! Mon cul !

—Je fais qu’ça, tu sais bien…

—Il est dans un état…

—Je ne vois pas le problème…

—Ah bah non, toi t’aimes ça…

—Et je sais que toi aussi !

—Moui…

—C’est pas vrai peut-être ?

—Si, si… Mais comment je vais m’asseoir, moi, maintenant ? J’ai réunion demain, en plus…

—Ah bah ça, fallait y penser avant !

—Mais je savais pas, moi !

—Tu ne savais pas ?

—Que t’allais y aller si fort…

—Genre… Tu me connais, non ?

—Oui… La main lourde…

—Rhoo, même pas…

—Ah bah là…

—Mais non…

—Oh si…

—Tu crois ?

—Mais regarde !

—Je te dis, je ne fais que ça.

—Pervers…

—Oui, ma belle.

—Je t’aime, espèce de brute…

—Moi aussi je t’aime, sale gosse…”

Textotage

Le portable vibre. Un message de Julie

+Tu fais quoi?+

Il tapotte: +Je travaille..+

+M’ennuie+

+k.+

+M’ennuie… :(+

+Julie, je travaille+

Cinq minutes passent.

+Me fais suer… T-T+

+T pas en formation?+

+Si… M’ennuie :((+

+Écoute et participe, ça passera plus vite+

+Mais c pas intéressant+

+ok.+

+M’ennuie… D:+

Il ne répond pas.

+tu fais quoi?+

Il ne répond toujours pas

+T’es plus là? :'(+

+Julie! T’es en formation et je travaille! Stop+

+Bah oui mais je m’ennuie…+

+JULIE. Si tu m’écris ne serait-ce qu’un message de plus, c’est la brosse quand tu rentres et la soirée au coin.+

Six minutes passent.

+M’ennuie… ;)+

Carabistouilles

«–Mais c’est pas juste!

–Comment ça, «pas juste» ? Tu m’as menti oui ou non?

–Ben oui…

–Dit-elle, comme une évidence…

–Rhoo ça va…

–Ben non, ça va pas !

–Mais c’était pas important, j’voulais pas que tu t’inquiètes…

–Ah bah ça va être de ma faute, en plus ?

–Ben techniquement…

–Je rêve… Et puis c’est même pas la question.

–Ah non ?

–Non, la question c’est une question de principe.

–Ça fait deux fois question.

–Quoi ?

–C’est pas très joli. Enfin moi je dis ça, j’dis rien. Tu disais ? Des vacances en Martinique ?

–De quoi ?

–Ben l’an prochain, les vacances ?

–Elle se croit fine…

–Quoi ? Tu insinues que j’ai pris du poids ? Franchement, tu ne manques pas de culot…

–Arrête.

–Quoi, c’est vrai…

–Stop. J’en ai marre de tes âneries, là. Tu m’as menti, et tu sais que j’ai horreur de ça.

–Oui mais…

–Pas de mais.

–Mais bêtise, paf, fessée, c’est trop simple. Je préfère te faire tourner en bourrique ; c’est bien plus drôle.

–T’as fini ?

–Pas vraiment mais je sens que je ferais mieux de me taire.

–Et ?

–D’aller chercher la brosse…

–Puis ?

–De venir sur tes genoux…

–Tu vois, simple, j’aime bien.

–Et si je te dis que la brosse est cassée ?

–Julie… Les mensonges, c’est non.

–Mais c’est qu’un tout p’tit mensonge…

–Et c’est la même punition…

-Tu vois, j’l’avais bien dit. C’est pas juste !»

Réflexions

Ce n’est pas la fessée qui fait mal.

C’est la froideur de ta voix.

C’est la tristesse dans ton regard.

C’est ton haussement d’épaules.

C’est le secouement de ta tête.

Ce sont tes bras qui ne consolent pas.

Ce sont tes baisers qui ne viennent pas.


Ce n’est pas la fessée qui fait mal.

C’est de t’avoir encore déçu.

Jamais

Au début, ce n’était pas assez fort. Genre, c’est une fessée, pas une caressée, ah là là… Mais pas trop fort non plus, en tout cas pas tout de suite. C’est un cul, pas une enclume… Ensuite, c’était trop prévisible. Droite-gauche, droite gauche, on s’en lasse. Il faut être un peu joueur, taquin, okay ? Un coup par-ci, un coup par là, plus vite, moins fort… Et les cuisses de temps en temps… Mais pas trop, hein, ça fait mal. Après, il laissait la culotte trop longtemps. Si c’est pas une déculottée, ça ne compte pas. C’est comme ça, c’est la règle. Mais ensuite il la baissait trop tôt, du coup. Il faut laisser la pression monter un peu, mon p’tit monsieur, sinon c’est pas du jeu. Et c’est toujours sur les genoux ? C’est pas super confortable après un moment… Sur le lit, moui… Ou le canapé, peut-être ? Ah oui, penchée sur la chaise, j’aime bien. Contre le mur, hein… On peut essayer… Bon, la main, c’est bien, hein, mais on peut p’têt tenter autre chose ? Oh, elle est un peu lourde, la brosse, là, non ? Mmh, j’aime pas trop la spatule… Ah non, la canne ça laisse trop de marques… Le paddle ? Moui… C’est un peu cliché, non ? Faut s’habiller en petite écolière aussi ? Pervers, va. Oh bah non, le martinet c’est démodé. Dis, elle fait mal la cravache. Tu me fesses à la main ? Bah sur tes genoux ? Bah quoi ?

Les filles, elles sont jamais contentes.

Elle est chou

Alors même qu’il devrait être fâché, et que sa main s’abat violement sur l’arrière-train de sa Julie, il ne peut s’empêcher de sourire. Il est chanceux, il le sait. Son sourire, elle ne risque pas de le voir, allongée comme elle est en travers de ses genoux. Elle gigotte et remue, ses fesses déjà rouges. Un beau rouge, cramoisi. Ah, ses fesses… Les plus belles de Paris, il le lui a déjà dit, la plus belle paire de fesses d’Ile de France. Evidemment, elle lui a demandé s’il avait maté tous les culs de Paris pour être aussi catégorique. Elle est comme ça, Julie, elle trouve toujours la pire interprétation, même (surtout ?) pour les compliments. Elle est chou. Il l’aime.

Sa main tombe une fois de plus, faisant rebondir l’objet de toute son attention. Il n’y a pas à dire, sur les genoux c’est ce qu’il préfère… Ça fait une belle vue… Le galbe de ses cuisses, la rondeur de ses petites fesses, sa taille, son dos… Elle est nue, c’est le matin. Son pyjama n’est pas resté bien longtemps. Elle regrette peut-être d’avoir dormi sans culotte la nuit dernière. Peut-être pas. Lui, en tout cas, il ne regrette rien. Il se dit qu’il devrait dire quelque chose, des remontrances, mais ce cul l’obsède et l’hypnotise. Il ne va pas lui dire, elle trouvera le moyen de se vexer— « Quoi ? Tu m’aimes que pour mes fesses ? » — ou d’essayer d’échapper à sa punition— « Elles sont si belles… tu voudrais pas les abimer quand même ? » Elle est chou. Il l’aime.

Elle est brave, il ne peut pas le lui reprocher, même si elle gémit et marmonne des choses qu’il fait mine de ne pas entendre, elle prend toujours ses punitions jusqu’au bout, sans vraiment broncher. Elle fait des efforts, aussi. Elle déteste le décevoir. Et pour ça, il l’aime encore plus, même si elle n’y arrive pas toujours. Au moins, il sait que ce n’est jamais de la malice, juste un manque de discipline ou de motivation. De la motivation, il en a plein les mains. Et ses mains sont partageuses. Elle lâche un petit gémissement lorsqu’il va des ses fesses à ses cuisses. Elle se tend, serre les fesses dans le vain espoir que la prochaine fasse moins mal. Mais elle ne se plaint pas. Il la fesse encore. Elle est chou. Il l’aime.

Finalement satisfait, il pose sa main sur la croupe de sa Julie. Ses fesses sont brulantes. Il adore ça. Elle frissonne alors qu’il la masse gentiment. Il se penche et dépose des baisers sur son épaule, son dos. Il la caresse le long de la colonne vertébrale, s’attarde sur sa taille. Il glisse sa main le long de ses reins, de ses côtes, des ses seins. Elle cambre son dos, halète, gémit, tend le cou pour le regarder. Il lui caresse les cheveux. Sa main, vengeresse il y a encore un instant, se perd entre ses cuisses. Il ne voit pas comment elle va trouver à se plaindre quand il se sera occupé d’elle. Mais elle trouvera quelque chose. Elle est comme ça, Julie. Elle est chou.

Et il l’aime.

Premier pas

—Julie ?
—Oui ?
—Viens ici pour voir…
—Pour voir quoi ?
—Viens, tu verras…
—Je suis sûre que je vois très bien d’ici…
—Tu verras encore mieux d’ici…
—Non non…
—Si si…
—Je vais compter jusqu’à trois…
—Non mais ça va, je ne suis pas une gamine non plus…
—Un…
—Pfff…
—Deux…
—…
—Julie…
—Rhoo ça va, je viens… Mais franchement…
—Oui ?
—Si c’est pour être punie, je pourrais te laisser compter jusqu’à cent, ça ne changerait rien…
—Accepter ta punition sans te plaindre, ça montre un peu de regret, déjà…
—De remords, tu veux dire ?
—Quoi ?
—C’est des remords quand on a fait quelques chose de mal.
—C’est pareil, non ?
—Non. Des regrets c’est pour ce qu’on a pas fait, mais qu’on aurait dû… Ou quelque chose qu’on a perdu.
—Donc si je te punis pour ne pas avoir payé les factures à temps, c’est des regrets ?
—Oui…
—Et si je te punis pour m’avoir menti à ce sujet, c’est des remords, oui ?
—…
—Oui ?
—Oui m’sieur…
—Ça valait le coup de faire la maline ?
—La maligne, tu veux dire ?
—Les deux existent, ne change pas de sujet. Ça valait le coup ?
—Non m’sieur…
—Tu vas venir sagement sur mes genoux?
—Oui…
—Bien. Baisse ton pantalon et ta culotte.
—Quoi, tout de suite ?…
—Tu vas commencer à faire histoires ?
—Non m’sieur…
—Voilà, un premier pas…

En dérangement

—Et ça, ça va où ?

—Chais pas… Dans ton…

—Pardon ?

—Rhoo, ça va…

—Je t’aide à ranger ton bazar, tu vas me faire le plaisir d’être polie…

—Oui…

—Oui qui ?

—Oui m’sieur…

—Mouais, c’est mieux… Donc, ça va où ?

—Mets-le dans le sac, là…

—Avec le reste ?

—Oui, je ferai le tri…

—Dis donc, Julie…

—Oui mon amooooour ?

—Ton idée du rangement, c’est juste de transférer le bazar d’un endroit à l’autre ?

—Oh ! T’abuses… Je consolide le bazar, puis je ferai le tri.

—Ah oui ? Quand ça ?

—Un jour.

—Un jour ?

—Un jour prochain, oui

—Demain.

—Oh, tu sais, y a pas urg—

—Demain.

—Non, s’il te plait…

—Pas de discussion.

—Mais…

—Pas de mais non plus.

—J’ai pas envie.

—Et ?

—Bah ça devrait compter pour quelque chose, non ?

—Euh… Non. Si on attendait que tu aies envie de ranger ton bazar ben… Ben on en serait ou on en est aujourd’hui, en fait, à y passer la journée.

—T’abuses…

—Ah oui ?

—Oui, on a commencé hier…

—Tu ne t’aides pas vraiment, tu sais…

—Des points pour l’honnêteté ?

—Non.

—Pffff, t’es vraiment pas marrant.

—Non. Et ça ?

—Dans l’sac…

—T’es sure ? C’est dans un état…

—Bah pourquoi tu m’demande si tu t’en fiches, de mon avis ?

—Julie…

—Quoi ?

—Change de ton.

—Bah non mais c’est vrai !

—Stop.

—Non, c’est pas juste.

—Julie, je te préviens.

—Bah préviens, vas-y…

Sans un mot de plus, il la tire en travers de ses genoux, jupe retroussée. Elle ne proteste pas. Sa culotte descend. Elle ne s’excuse pas. Elle est têtue, voilà, et le rangement, elle n’aime pas ça. Les claques commencent à tomber et, malgré la douleur, elle a un petit sourire. Elle a bien le droit, c’est sa pause.